Cela fait 30 ans que les irréductibles Gaulois sont installés au nord de Paris. Et leur village ne cesse de prendre de l'ampleur. Le Parc Astérix est un pari fou lancé à l'époque par Albert Uderzo, cocréateur de la célèbre bande dessinée avec son complice, le scénariste René Goscinny. C'est aujourd'hui le deuxième parc d'attractions le plus fréquenté de France.
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Cela fait 30 ans que les irréductibles Gaulois sont installés au nord de Paris. Et leur village ne cesse de prendre de l'ampleur. Le Parc Astérix est un pari fou lancé à l'époque par Albert Uderzo, cocréateur de la célèbre bande dessinée avec son complice, le scénariste René Goscinny. C'est aujourd'hui le deuxième parc d'attractions le plus fréquenté de France. Certes, il ne boxe pas dans la même catégorie que le leader européen du secteur, à savoir Disneyland Paris et ses 15 millions de visiteurs annuels. Mais le Parc Astérix est engagé dans une spirale positive. Cet été, le cinquante-millionième visiteur a franchi les portes du parc. La fréquentation a bondi de 7% en 2018, ce qui lui a permis de passer le cap symbolique des 2 millions de visiteurs annuels. Le chiffre d'affaires a grimpé de 13%, dépassant pour la première fois les 100 millions d'euros. " Nous sommes en avance de deux ans sur notre plan ", se réjouit Nicolas Kremer, directeur général (DG) du Parc Astérix. Ce plan, c'est la potion magique concoctée par les dirigeants du parc pour relancer l'attrait du village d'Astérix, Obélix, Idéfix, Panoramix et Falbala. Initié en 2015, ce plan de transformation décennal s'appuie sur une enveloppe de 200 millions d'euros, entièrement consacrée aux investissements. Un quart de cette somme est directement injecté dans l'infrastructure hôtelière, qui était sous-dimensionnée. Depuis 1998, le site n'était en effet équipé que d'un seul lieu d'hébergement. Des partenariats avaient bien été noués avec des hôtels situés à l'aéroport de Roissy et à Chantilly, à 15 kilomètres du parc. Mais cette formule ne rencontrait plus les faveurs des gestionnaires du site . " Résider dans le parc, ça change tout, explique Nicolas Kremer. Cela attire une clientèle plus lointaine. Et cela permet d'allonger la durée des séjours. Quatre-vingts pour cent des visiteurs qui logent sur place restent deux jours dans le parc. " Actuellement, entre 7 et 8% des visiteurs viennent de l'étranger. Et parmi ces derniers, les plus nombreux sont les Belges (40% des visiteurs étrangers). Chaque année, environ 60.000 Belges se rendent au Parc Astérix. " C'est notre cible prioritaire à l'étranger. La frontière n'est qu'à une heure trente de route, nous considérons la Belgique comme une zone proche ", souligne le DG du Parc Astérix. Pour séduire cette clientèle, le parc a donc sorti les engins de chantier. L'hôtel historique (Les Trois Hiboux) a été rénové et agrandi à 150 chambres. Deux nouveaux hôtels de capacité similaire viendront compléter l'offre d'ici 2020. La Cité Suspendue, conçue comme un village gaulois sur pilotis, est déjà partiellement ouverte et sera totalement opérationnelle courant 2019. Le chantier des Quais de Lutèce, qui reproduit un Paris à l'ancienne (bras de Seine compris) a débuté. Tous ces nouveaux aménagements visent à améliorer l'offre pour une clientèle de court séjour, sachant que la plupart des visiteurs viennent à la journée. Malgré une politique d'investissements soutenus (30 millions d'euros par an sur les dernières années), le directeur général se défend de vouloir procéder à une " montée en gamme " du Parc Astérix, qui impliquerait des hausses de prix significatives. Mais les développements hôteliers visent clairement une catégorie de visiteurs prêts à dépenser plus d'argent au cours de leur séjour (la moyenne tourne autour de 50 euros par visiteur par jour). " Le produit hôtelier est un produit plus haut de gamme, reconnaît Nicolas Kremer. Mais notre objectif global n'est pas forcément de monter en gamme et en prix. Notre objectif est surtout qualitatif. Nous visons une note de 4,5/5 sur TripAdvisor. " Le parc affiche pour l'instant un honorable bilan de 4/5 de moyenne sur le site de notation. Nicolas Kremer se plaît à mettre en avant un autre indicateur : 70% des visiteurs sont déjà venus au Parc Astérix. Ce taux important de revisites est la preuve, selon le patron, que la satisfaction des clients est au rendez-vous. Comme tous les sites touristiques de ce type, le Parc Astérix est soumis aux exigences des visiteurs, qui sont avides de surprises et de nouveautés. Le renouvellement du parc et de ses attractions est un facteur primordial pour fidéliser la clientèle. Après un investissement majeur en 2012 sur l'attraction à sensations Oziris (20 millions d'euros), le Parc Astérix a fait une pause avant d'enclencher son important plan de transformation. En 2016, le Discobelix est sorti de terre, suivi du Pégase Express en 2017. Ces deux dernières attractions, qui secouent sans effrayer les enfants, sont rangées dans la catégorie " familiale ". Et ce n'est pas un hasard. Les dirigeants du site ont fait le choix de focaliser leurs efforts sur les familles avec enfants. Outre ces grands manèges, des espaces dédiés aux plus petits et de nouveaux spectacles tous publics ont été créés. Les nouveaux hôtels suivent cette logique familiale, avec des chambres pour les tribus de quatre à six personnes. Idem pour la nouvelle attraction, qui sera inaugurée en avril prochain. Attention Menhir ! est un spectacle en quatre dimensions, où le visiteur prend place sur des sièges dynamiques, qui bougent au rythme du film projeté en 3D, et qui peuvent projeter de l'eau, de l'air, voire des odeurs de sanglier grillé... L'attraction est dotée d'un budget de 6,5 millions d'euros. Elle sollicite une équipe de 200 personnes actives pendant deux ans sur le projet. Plusieurs sous-traitants y contribuent, notamment l'entreprise wallonne Scenology, qui s'occupe des " effets de salle " (lumières, son, image). Cette nouvelle attraction intérieure rappelle certaines attractions du Futuroscope. Ce parc orienté sur les nouvelles technologies, situé prés de Poitiers, appartient à la Compagnie des Alpes, qui est également gestionnaire du Parc Astérix. " Nous nous sommes appuyés sur les équipes du Futuroscope pour développer Attention Menhir ! ", explique Nicolas Kremer, qui a dirigé le Futuroscope pendant 15 ans. Ce réseau complémentaire de différents parcs à thèmes est l'une des forces de la Compagnie des Alpes (762 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2017), qui bénéficie ainsi d'intéressantes synergies et de retours d'expérience. La société française - qui gère par ailleurs quantité de stations de ski (Tignes, Méribel, Les Arcs, Les 2 Alpes, etc.) - possède huit parcs de loisirs en France et en Belgique, dont Walibi, Aqualibi et Bellewaerde. Pour la suite des développements, le Parc Astérix a prévu de rénover certaines attractions vieillissantes (une par an) et certains espaces de restauration. Deux grosses attractions seront également livrées en 2021 et 2023. La première est un mega-coaster à sensations, montant jusqu'à 50 mètres de haut et 107 km/h. " Avec cette attraction, nous nous attacherons à fidéliser les ados et les adultes, que nous avons quelque peu délaissés ces derniers temps au profit des familles ", détaille Nicolas Kremer. Pour rassasier 2 millions de visiteurs par an, il en faut pour tous les goûts.