En rachetant l'été dernier à la famille Pinault sa participation de 24,3 % dans le groupe Fnac Darty (Fnac-Vanden Borre chez nous), la maison mère allemande de MediaMarkt, Ceconomy, devenait le premier actionnaire du groupe français spécialisé dans l'électronique, l'électroménager et les produits culturels. Si l'opération était alors présentée par les responsables des deux entreprises comme étant purement financière, les observateurs du secteur s'attendaient à ce que des synergies soient nouées entre les deux géants de l'électro.
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En rachetant l'été dernier à la famille Pinault sa participation de 24,3 % dans le groupe Fnac Darty (Fnac-Vanden Borre chez nous), la maison mère allemande de MediaMarkt, Ceconomy, devenait le premier actionnaire du groupe français spécialisé dans l'électronique, l'électroménager et les produits culturels. Si l'opération était alors présentée par les responsables des deux entreprises comme étant purement financière, les observateurs du secteur s'attendaient à ce que des synergies soient nouées entre les deux géants de l'électro. Moins d'un an plus tard, c'est bien ce scénario qui est en train de s'écrire. Fnac Darty et MediaMarktSaturn viennent en effet de signer un protocole d'accord visant à créer une alliance dans quatre domaines : les marques propres, les relations avec les grands fournisseurs internationaux, l'innovation, et enfin le développement d'outils d'analyse des données afin d'améliorer la connaissance clients. " Nous prévoyons de créer une co-entreprise fonctionnant comme un holding de l'alliance, ainsi que des entités opérationnelles distinctes pour chacun des quatre domaines de coopération identifiés, explique Enrique Martinez, CEO de Fnac Darty, dans une interview accordée au journal français Les Echos. Face aux géants mondiaux de l'e-commerce, nous sommes déterminés à défendre notre modèle de vente sur Internet et en magasin. Cet accord avec le premier distributeur européen de produits d'électronique grand public et d'électro-domestique ( MediaMarktSaturn enregistrait en 2017 un chiffre d'affaires de 22 milliards d'euros, contre 7,5 milliards pour Fnac Darty, Ndlr) va nous en donner les moyens. Notre alliance nous poserait comme le deuxième interlocuteur mondial incontestable pour les fournisseurs sur ces marchés, derrière l'américain Best Buy. " Le marché de l'électro est un marché difficile. Croissance atone, abondance d'acteurs, pression sur les marges avec l'arrivée de géants du Net comme Amazon, Coolblue, Bol.com, etc. Pour stimuler la croissance, le seul remède semble être la consolidation. Il faudra attendre 2019, voire 2020, pour mesurer les effets concrets du rapprochement entre les deux géants. " Cette alliance devrait rapporter 27 millions d'euros d'économies, explique Magali Picard, spécialiste du secteur de l'électroménager au sein du magazine LSA. Ce n'est pas grand-chose à l'échelle des deux groupes, mais contrairement aux récents rapprochements dans le secteur en France ( Casino et Conforama, Auchan et Boulanger, Fnac Darty et Carrefour, Ndlr), il s'agit ici d'une démarche davantage offensive que défensive. Cette coopération va bien au-delà des achats. Ce qui est important, c'est ce qui est autour, à savoir l'incubateur de start-up, la connaissance clients, la coopération sur la conception des produits, etc. " Ces synergies doivent-elles faire craindre des suppressions d'emplois au sein des deux groupes ? Impossible d'obtenir un commentaire à ce sujet. Notre interlocutrice, elle, ne le croit pas. " L'alliance ne se traduit pas par la création d'une centrale d'achats, dit-elle. Je ne pense donc pas que les équipes d'achats des deux entreprises seront rabotées. "