Il y a 25 ans, Ye Yongqing, aujourd'hui une des stars de l'art moderne chinois, les découvre à Paris au hasard d'une exposition. Séduit, il s'en inspire fortement et sous sa signature les mêmes toiles ou presque décuplent de valeur, s'écoulent chez Christie's ou Sotheby's et gagnent les cimaise...

Il y a 25 ans, Ye Yongqing, aujourd'hui une des stars de l'art moderne chinois, les découvre à Paris au hasard d'une exposition. Séduit, il s'en inspire fortement et sous sa signature les mêmes toiles ou presque décuplent de valeur, s'écoulent chez Christie's ou Sotheby's et gagnent les cimaises des musées. Selon les calculs de China Daily, un quotidien anglophone sous contrôle du Parti communiste, Ye Yongqing aurait engrangé ainsi près de 15 millions d'euros. Mais tout a une fin. L'Académie des Beaux-Arts de Sichuan, où Ye Yongqing enseigne, mène l'enquête. Un homme d'affaires chinois qui a payé une de ses toiles 132.000 euros réclame déjà son argent, estimant que la toile qu'il possède vaut soudainement moins. Bill Gates et Rupert Murdoch ont également acquis des oeuvres de Ye Yongqing, tout comme le Long Museum de Shanghai, le plus grand de la ville qui vient de décrocher les siennes. Ce dernier a même pris contact avec Christian Silvain et souhaite exposer ses oeuvres. " Une proposition à laquelle nous souscrivons volontiers ", commente Jos Depypere qui, à Kuurne, tient la galerie du même nom et ne sait plus où donner de la tête. La spéculation, en effet, s'en est mêlée. Les coups de fil en provenance de Chine se multiplient et dans notre pays, des Chinois achètent sans barguigner, un peu comme on achèterait un pain, des oeuvres de Christian Silvain qui, après avoir galéré durant un quart de siècle, est devenu en un tournemain, mondialement célèbre.