Selon la direction, l'analyse qui a été faite de la proposition a révélé que celle-ci ne permettait pas de rencontrer les objectifs en termes de surfaces de production et qu'elle sous-entendait une vulnérabilité plus grande pour les deux sites (Gosselies et Grenoble) qu'elle impactait.

Mi-janvier, quelques cadres de l'entreprise avaient présenté au groupe une alternative à la fermeture complète du site de Gosselies. Ils proposaient d'y maintenir une activité d'assemblage de chargeuses sur pneus susceptible d'occuper quelque 400 personnes.

Selon la porte-parole du site, le groupe a analysé la proposition à trois niveaux. Le premier a validé les chiffres et les hypothèses reprises dans la proposition. A un second niveau, le groupe s'est intéressé à son objectif global de réduction des coûts fixes et des surfaces de production.

"Pour les surfaces de production, les résultats en cas de mise en oeuvre de l'alternative n'auraient pas été aussi bons que ceux attendus en cas de fermeture", a indiqué la porte-parole. A un troisième niveau d'analyse, le groupe a conclu également que les sites de Gosselies et de Grenoble auraient été plus vulnérables en cas d'application de l'alternative. La fermeture du site de Gosselies devrait en effet permettre au site de Grenoble de récupérer l'activité d'assemblage.

Les syndicats déçus

Les syndicats de l'entreprise ont exprimé leurs regrets après le rejet par le groupe de l'alternative présentée par les cadres de l'entreprise. Ils ont toutefois convenu qu'ils s'attendaient dans une certaine mesure à cette réponse de la part des responsables du groupe.

"La proposition des cadres est financièrement viable et techniquement faisable. Caterpillar a validé l'approche et les chiffres présentés. Si le groupe a rejeté la proposition, c'est pour des raisons uniquement stratégiques", a indiqué Cathy Verhaeghe, déléguée principale Setca.

"Les indicateurs que nous avions reçus présageaient de la réponse négative du groupe. En estimant que l'alternative des cadres posait un problème en termes de réduction de la surface de production du groupe, celui-ci ferme la porte à tout maintien d'activité à Gosselies", a souligné pour sa part Emmanuel Chemello, permanent CSC. Selon ce dernier, les travailleurs et les syndicats vont désormais devoir se tourner progressivement vers la négociation des conditions de départ, liée à la phase 2 de la procédure Renault.

Plus de 12.000 emplois supprimés en un an

Le producteur américain de machines Caterpillar a supprimé 12.000 emplois en 2016, soit 10% de son personnel. Les chiffres ne tiennent en outre pas compte de la restructuration en cours qui implique la fermeture du site de Gosselies, où 2.000 postes sont menacés, est-il ressorti des chiffres de l'entreprise, qui a enregistré une perte lors du dernier exercice.

Fin 2016, Caterpillar employait 106.400 travailleurs, soit 95.400 postes fixes (10.300 de moins que fin 2015) et 11.000 temporaires (2.000 de moins). La baisse s'explique par les restructurations et les moindres volumes de production, selon l'entreprise, qui subit les conséquences du recul dans la branche énergie et matières premières.

Les suppressions d'emploi vont se poursuivre en 2017. Outre Gosselies, le site d'Aurora (Illinois) est aussi menacé de fermeture. Le coût de ces restructurations n'est pas encore connu, les négociations sociales étant toujours en cours, affirme l'entreprise.

Caterpillar a vu son chiffres d'affaires réduit de près de 20% en 2016, à 35,8 milliards de dollars. La perte annuelle s'établit à 67 millions de dollars, alors que l'entreprise avait bouclé 2015 sur une bénéfice de 2,5 milliards.

Le géant américain entrevoit néanmoins le bout du tunnel grâce à la remontée des prix des matières premières, ainsi que la hausse dans la construction sur plusieurs marchés importants.

Pour 2017, Caterpillar table sur un retour de la croissance avec des rentrées de 36 à 39 milliards qui resteraient cependant bien en-dessous des niveaux de 2015. En dépit de nouveaux frais de réorganisation, le bénéfice devrait à nouveau être au rendez-vous, selon l'entreprise.