Les enquêteurs du bureau des procureurs se sont rendus au petit matin à son immeuble devant lequel une tenture grise avait été dressée, selon des images diffusées sur les chaînes de télévision japonaises.

Une voiture a quitté les lieux moins d'une heure plus tard, d'après le direct diffusé sur la chaîne Nippon TV. Selon le journaliste de cette télévision privée, M. Ghosn était à bord.

Trois hommes en costume sombre et des dizaines de policiers montaient la garde, a constaté un journaliste de l'AFP. Il est "extrêmement rare" qu'un suspect soit ré-arrêté après avoir été relâché, a souligné la NHK.

"Pourquoi venir m'arrêter alors que je n'entravais en rien la procédure en cours, sinon pour me briser ?", a lancé le magnat de l'automobile déchu dans une déclaration transmise à l'AFP. Et d'ajouter: "Je suis innocent de toutes les accusations infondées portées contre moi et des faits qui me sont reprochés".

Son avocat Junichiro Hironaka s'est lui aussi insurgé contre de telles méthodes: "Nous ne comprenons pas pourquoi ils ont besoin de le placer en détention. (...) C'est extrêmement injuste".

Déjà sous le coup de trois inculpations pour déclarations inexactes de revenus sur les années 2010 à 2018, dans des documents remis par Nissan aux autorités financières, et pour abus de confiance, M. Ghosn avait été libéré le 6 mars moyennant le paiement d'une caution d'un milliard de yens (8 millions d'euros).

Il est à présent soupçonné d'avoir utilisé la réserve du PDG de Nissan pour des transferts d'argent de plus de 30 millions de dollars à un distributeur de véhicules Nissan à Oman, montants dont une partie lui serait revenue indirectement, selon une source proche du dossier.

De "nouveaux éléments" transmis à la justice française

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a assuré jeudi avoir transmis à la justice de "nouveaux" et "importants éléments" apparus dans l'enquête interne du constructeur automobile Renault sur la gouvernance de son ancien PDG Carlos Ghosn, sans en révéler le contenu.

"Il y a de nouveaux éléments qui sont apparus qui étaient suffisamment importants pour mériter d'être transmis à la justice", a affirmé le ministre sur RMC et BFMTV. "Je ne peux pas me prononcer sur ces éléments", a-t-il ajouté. "Je vous dis juste que j'ai demandé la transparence totale. Nous le devons à nos compatriotes."

Le ministre a rappelé avoir demandé dès novembre une enquête "très approfondie à la gouvernance (intérimaire) de Renault et sur le fonctionnement de Renault". Il a assuré vouloir "faire toute la lumière sur la gouvernance passée de Renault".

Interrogé sur la nouvelle arrestation de M. Ghosn au Japon, M. Le Maire a assuré qu'il était "un justiciable comme les autres". "Il bénéficie de la protection consulaire, que nous lui garantissons et de la présomption d'innocence", a-t-il rappelé.