Cette marge de 8% est indispensable si l'entreprise veut pouvoir assumer de manière autonome ses coûts. Ce n'est qu'ensuite qu'elle pourra penser à nouveau à croître, insiste la direction. Ce pourcentage n'est pas sorti de nulle part, affirme Cristina Foerster. Elle le qualifie de "standard industriel" dont une compagnie a besoin pour couvrir ses coûts, que ce soit en termes de renouvellement de flotte, d'investissements en IT ou dans le personnel. Elle prend exemple sur des sociétés "comparables" comme Aer Lingus ou Finnair qui sont arrivées au même chiffre. "Si en termes de revenus, Brussels Airlines s'en sort plutôt bien, les coûts sont par contre beaucoup plus élevés qu'ailleurs", analyse l'administratrice déléguée. Pour atteindre cet objectif, ce que la compagnie n'est jamais parvenue à faire depuis sa création, elle doit réduire structurellement ses coûts de 160 millions d'euros d'ici fin 2022. Cela alors que l'entreprise a à peine engrangé des bénéfices ces dernières années et que 2019 se clôturera sur une perte. Les coûts, notamment de personnel, continuent en effet à progresser et le voyagiste Thomas Cook a en outre fait faillite, alors que la compagnie transportait l'essentiel de ses vacanciers. Une perte de 12 millions d'euros. C'est donc le bon moment pour redémarrer et repartir d'une page blanche, selon Dieter Vranckx, le directeur financier. Il faut simplifier la manière de travailler et se défaire d'un certain héritage du passé, estime-t-il. Une évaluation du réseau de destinations existant est également nécessaire, d'après lui. "Nous resterons une compagnie forte sur le marché belge, tant pour les voyageurs de loisirs que d'affaires", a assuré Cristina Foerster. Brussels Airlines poursuivra ses vols long-courrier vers l'Afrique et l'Amérique du Nord. Si certains changements sont possibles ici et là, le coeur du réseau ne changera pas, affirme-t-elle. (Belga)