Le droit de grève, encore et toujours... La direction de bpost a donc signé ce jeudi, avec les syndicats, le plan MSO, au grand dam de la CSC. Ce qui n'a pas empêché des piquets de s'installer aux portes des centres de tri de Bruxelles, Charleroi et Liège (lire ci-après).

Faire grève n'est pourtant pas une décision légère, si l'on en croit la CNE. Selon la Centrale nationale des employés, "dans un marché du travail plombé par le chômage, de plus en plus de travailleurs n'osent plus s'exposer en faisant grève sans en être empêchés". La CNE rappelle au passage qu'une part de la rémunération de nombreux travailleurs est devenue aléatoire "et donc soumise au bon vouloir de la hiérarchie". Pour ces travailleurs, "participer à une grève sans piquet revient à voir sa rémunération rabotée". Côté FEB, on estime en revanche que tout ce débat autour du droit de grève a pris, ces derniers temps, les accents mêmes d'une... "grève sauvage".

Grève chez bpost : "Je me demande qui sont les fossoyeurs de l'entreprise" (CSC)

La direction de bpost et les syndicats, réunis en commission paritaire, ont donc approuvé ce jeudi le plan MSO, par quinze voix "pour" et trois "contre". La CSC, opposée à ce plan et en grève depuis la semaine dernière, dénonce "l'aumône" que perçoivent les travailleurs ainsi qu'une concurrence déployée directement par les anciens collaborateurs de l'entreprise postale.

Le plan MSO prévoit entre autres que le travail du samedi soit assimilé à un travail de semaine, entraînant la suppression des deux heures de compensation accordées aux salariés pour le travail de week-end et leur remplacement par une prime nette annuelle de 240 euros. À l'heure actuelle, les facteurs travaillant le premier jour du week-end ne prestent que 36 heures par semaine, contre 38 heures pour ceux qui ne travaillent que du lundi au vendredi, bénéficiant ainsi de deux heures de compensation.

Faisant référence aux principaux concurrents de bpost - d'anciens collaborateurs de l'entreprise utilisent "un réseau, une stratégie, des contacts clients pour lesquels ils ont été largement rémunérés" - André Blaise, responsable de la CSC Transcom pour le secteur postal, s'est demandé "de qui on se fout ici. Chaque fois que nous vous avons imploré de conserver un minimum d'humanité lorsque vous supprimiez les derniers acquis des postiers qui, grâce à leur travail, ont fait ce que la multinationale bpost est aujourd'hui... vous nous rétorquez que ce n'est pas possible car la concurrence est là. Excusez-moi mais je me permets de rappeler qu'une des quatre valeurs prônées par bpost est 'mériter la confiance'. Je me demande qui sont les fossoyeurs de l'entreprise."

Grève chez bpost : un plan MSO qui divise dans les rangs mêmes des syndicats

La CSC était opposée au plan MSO, "imposant à des postiers, particulièrement à ceux percevant une aumône de 10,57 euros de l'heure, de travailler, entre autres, tous les samedis en recevant royalement 60 euros par trimestre", dénonce André Blaise. La CGSP (FGTB), de son côté, est satisfaite de la quinzaine d'amendements apportés au plan ce jeudi, son objectif, en accord avec le SLFP (CGSLB), étant de privilégier la négociation jusqu'au bout.

Les exigences rencontrées concernent notamment la garantie des emplois à long terme et l'organisation du week-end. Cette dernière prévoit maintenant des équipes de renfort sur base du volontariat avec des compensations financières. "Cet accord permettra également de diminuer le taux d'absentéisme", a ajouté Jacques Lespagnard, secrétaire général CGSP. Cette dernière revendication, également pointée par le conseil d'administration, est réfutée par André Blaise : "Alors que l'objectif d'absentéisme à court terme pour le personnel est de 3,7%, 50% des membres du conseil d'administration ont un taux d'absentéisme égal ou supérieur à 10% !"

La direction a également fait part, par la voix de son porte-parole, de sa satisfaction d'être arrivée à un "accord équilibré avec la majorité des représentants à propos du nouveau modèle d'organisation", apprécie Baudouin de Hepcée. "Ce plan était important pour l'avenir de l'entreprise qui fait face à un marché extrêmement concurrentiel, notamment celui des paquets. Nous avons la preuve que le dialogue social fonctionne bien dans cette entreprise qui respecte ses intérêts tout en garantissant l'emploi du personnel."

Les nouvelles réglementations entreront en vigueur le 1er janvier 2016.

Grève chez bpost : des piquets aux trois centres de tri vendredi matin

Des piquets étaient encore installés vendredi matin devant les centres de tri postal de Bruxelles, Charleroi et Liège, a indiqué André Blaise. Les militants syndicaux laissaient toutefois entrer les paquets et les journaux ont pu être distribués normalement. Des perturbations dans la distribution du courrier ce vendredi ne sont pas à exclure. Tout devrait être rentré dans l'ordre lundi.

Pour André Blaise, les participants à cette action ne font qu'exprimer leur déception après l'approbation du plan prévoyant notamment que le travail du samedi soit assimilé à un travail de semaine. Les syndicats n'ont obtenu que "des broutilles techniques et rien sur le volet financier", résume le responsable du syndicat chrétien, qui dit comprendre cette déception tout en précisant qu'il faut tout de même "savoir tourner la page", l'accord ayant été approuvé en commission paritaire.

Le droit de grève, encore et toujours... La direction de bpost a donc signé ce jeudi, avec les syndicats, le plan MSO, au grand dam de la CSC. Ce qui n'a pas empêché des piquets de s'installer aux portes des centres de tri de Bruxelles, Charleroi et Liège (lire ci-après).Faire grève n'est pourtant pas une décision légère, si l'on en croit la CNE. Selon la Centrale nationale des employés, "dans un marché du travail plombé par le chômage, de plus en plus de travailleurs n'osent plus s'exposer en faisant grève sans en être empêchés". La CNE rappelle au passage qu'une part de la rémunération de nombreux travailleurs est devenue aléatoire "et donc soumise au bon vouloir de la hiérarchie". Pour ces travailleurs, "participer à une grève sans piquet revient à voir sa rémunération rabotée". Côté FEB, on estime en revanche que tout ce débat autour du droit de grève a pris, ces derniers temps, les accents mêmes d'une... "grève sauvage".La direction de bpost et les syndicats, réunis en commission paritaire, ont donc approuvé ce jeudi le plan MSO, par quinze voix "pour" et trois "contre". La CSC, opposée à ce plan et en grève depuis la semaine dernière, dénonce "l'aumône" que perçoivent les travailleurs ainsi qu'une concurrence déployée directement par les anciens collaborateurs de l'entreprise postale.Le plan MSO prévoit entre autres que le travail du samedi soit assimilé à un travail de semaine, entraînant la suppression des deux heures de compensation accordées aux salariés pour le travail de week-end et leur remplacement par une prime nette annuelle de 240 euros. À l'heure actuelle, les facteurs travaillant le premier jour du week-end ne prestent que 36 heures par semaine, contre 38 heures pour ceux qui ne travaillent que du lundi au vendredi, bénéficiant ainsi de deux heures de compensation.Faisant référence aux principaux concurrents de bpost - d'anciens collaborateurs de l'entreprise utilisent "un réseau, une stratégie, des contacts clients pour lesquels ils ont été largement rémunérés" - André Blaise, responsable de la CSC Transcom pour le secteur postal, s'est demandé "de qui on se fout ici. Chaque fois que nous vous avons imploré de conserver un minimum d'humanité lorsque vous supprimiez les derniers acquis des postiers qui, grâce à leur travail, ont fait ce que la multinationale bpost est aujourd'hui... vous nous rétorquez que ce n'est pas possible car la concurrence est là. Excusez-moi mais je me permets de rappeler qu'une des quatre valeurs prônées par bpost est 'mériter la confiance'. Je me demande qui sont les fossoyeurs de l'entreprise."La CSC était opposée au plan MSO, "imposant à des postiers, particulièrement à ceux percevant une aumône de 10,57 euros de l'heure, de travailler, entre autres, tous les samedis en recevant royalement 60 euros par trimestre", dénonce André Blaise. La CGSP (FGTB), de son côté, est satisfaite de la quinzaine d'amendements apportés au plan ce jeudi, son objectif, en accord avec le SLFP (CGSLB), étant de privilégier la négociation jusqu'au bout.Les exigences rencontrées concernent notamment la garantie des emplois à long terme et l'organisation du week-end. Cette dernière prévoit maintenant des équipes de renfort sur base du volontariat avec des compensations financières. "Cet accord permettra également de diminuer le taux d'absentéisme", a ajouté Jacques Lespagnard, secrétaire général CGSP. Cette dernière revendication, également pointée par le conseil d'administration, est réfutée par André Blaise : "Alors que l'objectif d'absentéisme à court terme pour le personnel est de 3,7%, 50% des membres du conseil d'administration ont un taux d'absentéisme égal ou supérieur à 10% !"La direction a également fait part, par la voix de son porte-parole, de sa satisfaction d'être arrivée à un "accord équilibré avec la majorité des représentants à propos du nouveau modèle d'organisation", apprécie Baudouin de Hepcée. "Ce plan était important pour l'avenir de l'entreprise qui fait face à un marché extrêmement concurrentiel, notamment celui des paquets. Nous avons la preuve que le dialogue social fonctionne bien dans cette entreprise qui respecte ses intérêts tout en garantissant l'emploi du personnel."Les nouvelles réglementations entreront en vigueur le 1er janvier 2016.Des piquets étaient encore installés vendredi matin devant les centres de tri postal de Bruxelles, Charleroi et Liège, a indiqué André Blaise. Les militants syndicaux laissaient toutefois entrer les paquets et les journaux ont pu être distribués normalement. Des perturbations dans la distribution du courrier ce vendredi ne sont pas à exclure. Tout devrait être rentré dans l'ordre lundi.Pour André Blaise, les participants à cette action ne font qu'exprimer leur déception après l'approbation du plan prévoyant notamment que le travail du samedi soit assimilé à un travail de semaine. Les syndicats n'ont obtenu que "des broutilles techniques et rien sur le volet financier", résume le responsable du syndicat chrétien, qui dit comprendre cette déception tout en précisant qu'il faut tout de même "savoir tourner la page", l'accord ayant été approuvé en commission paritaire.