"Nous sommes certains d'avoir emprunté un chemin, peut-être pas linéaire, afin de respecter les objectifs de Paris", a déclaré Bod Dudley lors d'une conférence téléphonique organisée mercredi par la banque américaine JPMorgan, selon des propos rapportés par l'agence financière. "Il va y avoir des projets que nous ne faisons pas, des choses que nous aurions pu faire dans le passé. Certaines catégories de pétrole par exemple, qui ont une empreinte carbone différente", a complété le dirigeant.

Ce dernier n'a pas précisé quels actifs pourraient être concernés, notamment parce que ses projets impliquent de nombreux partenaires, qu'ils soient des gouvernements ou des entreprises.

L'accord de Paris sur le climat de 2015 vise à limiter le réchauffement planétaire à +2°C, voire à 1,5°C, comparé au niveau de la Révolution industrielle.

Les propos du patron de BP, confirmés au sein du groupe, n'ont pas convaincu l'ONG Greenpeace. "Il est difficile de les prendre au sérieux alors qu'ils continuent de rechercher du pétrole et du gaz. Affronter l'urgence climatique nécessite un modèle radicalement différent" et "un basculement à 100% vers l'énergie renouvelable", selon Paul Morozzo, un des responsables de l'ONG au Royaume-Uni.

Ces déclarations de Bod Dudley surviennent en outre alors que la dernière assemblée générale du groupe, en mai, a été agitée sous la pression de certains actionnaires s'interrogeant sur la volonté de BP de combattre le changement climatique.

Le groupe investit par ailleurs dans l'énergie électrique, comme son concurrent anglo-néerlandais Royal Dutch Shell qui mène également une offensive "verte". BP a notamment acquis l'année dernière au Royaume-Uni la société Chargemaster, qui dispose du plus important réseau de bornes de recharge à usage public pour les voitures électriques dans le pays.

Malgré tout, BP continue de miser massivement sur les énergies fossiles. Le géant des hydrocarbures a négocié auprès du groupe minier anglo-australien BHP le rachat de ses actifs dans le pétrole et le gaz de schiste pour 10,5 milliards de dollars.

Cette transaction importante va voir BP acquérir ces activités au Texas et en Louisiane (Etats-Unis) et sera financée notamment par un programme de cessions d'actifs jugés non stratégiques pour plus de 10 milliards de dollars d'ici à la fin 2020.