A lire aussi: Casa, Blokker, la fin d'un modèle

Le groupe d'origine néerlandaise, présent depuis 1977 en Belgique, invoque les difficultés rencontrées par le commerce de détail non alimentaire, l'augmentation "exponentielle" du commerce en ligne et l'augmentation de la concurrence.

"Au cours des cinq dernières années, le chiffre d'affaires de Blokker en Belgique a baissé de 20% pour atteindre une perte opérationnelle en 2015 de 15 millions d'euros, perte qui devrait s'élever en 2016 à 18 millions d'euros. Blokker SA veut renouer avec la rentabilité pour donner une perspective d'avenir à l'entreprise et à ses collaborateurs", explique la société dans un communiqué.

L'intention de Blokker de fermer plus d'un tiers de ses magasins en Belgique se base sur une "analyse approfondie des perspectives d'avenir" de ses différents magasins dans les prochaines années.

Blokker assure encore qu'il mettra "tout en oeuvre pour limiter l'impact social de ce plan".

"La concertation avec le conseil d'entreprise concernant cette annonce, conformément à la loi Renault, a commencé et se poursuivra", conclut l'enseigne.

"Ne rien faire n'était pas une option"

"Ne rien faire pour Blokker n'était pas une option. Il y a des magasins qui restent ouverts et qui doivent renouer avec leur rentabilité structurelle à l'avenir", a déclaré ce mardi Bernd Bosch, CEO de Blokker Belgique, lors d'une conférence téléphonique consacrée au plan de réorganisation de la chaîne de magasins.

Depuis plusieurs années, Blokker enregistre une baisse de ses ventes en Belgique. Entre 2012 et 2015, le nombre de transactions aux caisses a baissé de 10%, selon le CEO. Le montant dépensé par le client reste plus ou moins le même mais l'acheteur en veut plus pour son argent, ce qui met la pression sur les prix. "Le marché du détail (retail) est en crise en Belgique. Il y a une forte pression du commerce électronique et de nouveaux acteurs commerciaux comme Action", explique le CEO de Blokker Belgique.

Le chiffre d'affaires de Blokker est passé de 144 millions d'euros en 2011 à 115 millions l'an dernier. Les pertes étaient de 15 millions d'euros en 2015 et de 17 à 20 millions d'euros l'an dernier. "Les analyses montrent que si rien n'est fait pour changer la structure des coûts, les pertes pourraient atteindre 21 millions d'euros en 2017 et 25 millions en 2018", souligne M. Bosch.

Pour Bernd Bosch, la fermeture de 69 magasins est quelque chose de "très difficile". "Nous devons nous atteler à réduire l'impact au minimum pour les personnes concernées et leur famille".

37 magasins fermeront en Flandre, 25 en Wallonie ?

Le patron n'a pas voulu indiquer quels magasins seront précisément fermés. Selon une source syndicale, 37 magasins seront fermés en Flandre, 25 en Wallonie et 7 à Bruxelles et sa périphérie. "La sélection des magasins se base sur la rentabilité des trois dernières années mais aussi sur la qualité et le potentiel de la localisation. A l'avenir, Blokker restera présent au coeur des villes et en périphérie, tout dépend de l'identité régionale", explique encore le CEO.

Parallèlement à ces fermetures, Blokker va poursuivre le réaménagement de ses 121 magasins restants. Environ 41 magasins ont déjà été réaménagés et 50 le seront avant les soldes d'été. Le reste des magasins suivra d'ici la fin de l'année.

"Bain de sang social"

Pascal Strube, du syndicat socialiste, évoque "un véritable bain de sang social" pour qualifier cette restructuration. "Un tiers du personnel licencié. Certaines personnes travaillaient chez Blokker depuis 25 ou 30 ans", souligne-t-il. Son collègue du syndicat chrétien, Marc Jacobs, confirme que beaucoup de travailleurs ont une longue ancienneté chez Blokker. "La chaîne avait gelé l'embauche depuis plusieurs années", dit-il.

La direction de Blokker veut fermer 69 magasins et supprimer environ 300 postes. Les syndicats vont tenter de sauver un maximum d'emplois via la procédure Renault, précise M. Strube. Ils veulent aussi disposer d'un plan d'avenir crédible pour la chaîne.

Une première réunion d'information est prévue le 14 février avec la direction. "Nous voulons notamment avoir une liste du personnel. Sur cette base, nous pourrons voir si nous pouvons dégager des opportunités comme des RCC par exemple", explique M. Jacobs. "La direction nous a déjà assurés qu'elle collaborerait pour éviter les licenciements secs".

Dans les 121 magasins restants, le plan directeur sera appliqué. Selon M. Jacobs, l'espace des magasins sera plus vaste et aéré avec un assortiment plus clair. "Par le passé, Blokker avait la réputation d'une chaîne de magasins où l'on trouvait de tout. Ils veulent renouer avec la tradition et se profiler comme le spécialiste de la maison".

Les syndicats n'ont pas lancé d'appel à la grève. "Mais si le personnel ne peut pas travailler en raison du choc de l'annonce, il aura notre soutien", précise M. Strube.

A lire aussi: Casa, Blokker, la fin d'un modèleLe groupe d'origine néerlandaise, présent depuis 1977 en Belgique, invoque les difficultés rencontrées par le commerce de détail non alimentaire, l'augmentation "exponentielle" du commerce en ligne et l'augmentation de la concurrence. "Au cours des cinq dernières années, le chiffre d'affaires de Blokker en Belgique a baissé de 20% pour atteindre une perte opérationnelle en 2015 de 15 millions d'euros, perte qui devrait s'élever en 2016 à 18 millions d'euros. Blokker SA veut renouer avec la rentabilité pour donner une perspective d'avenir à l'entreprise et à ses collaborateurs", explique la société dans un communiqué. L'intention de Blokker de fermer plus d'un tiers de ses magasins en Belgique se base sur une "analyse approfondie des perspectives d'avenir" de ses différents magasins dans les prochaines années. Blokker assure encore qu'il mettra "tout en oeuvre pour limiter l'impact social de ce plan". "La concertation avec le conseil d'entreprise concernant cette annonce, conformément à la loi Renault, a commencé et se poursuivra", conclut l'enseigne."Ne rien faire pour Blokker n'était pas une option. Il y a des magasins qui restent ouverts et qui doivent renouer avec leur rentabilité structurelle à l'avenir", a déclaré ce mardi Bernd Bosch, CEO de Blokker Belgique, lors d'une conférence téléphonique consacrée au plan de réorganisation de la chaîne de magasins.Depuis plusieurs années, Blokker enregistre une baisse de ses ventes en Belgique. Entre 2012 et 2015, le nombre de transactions aux caisses a baissé de 10%, selon le CEO. Le montant dépensé par le client reste plus ou moins le même mais l'acheteur en veut plus pour son argent, ce qui met la pression sur les prix. "Le marché du détail (retail) est en crise en Belgique. Il y a une forte pression du commerce électronique et de nouveaux acteurs commerciaux comme Action", explique le CEO de Blokker Belgique. Le chiffre d'affaires de Blokker est passé de 144 millions d'euros en 2011 à 115 millions l'an dernier. Les pertes étaient de 15 millions d'euros en 2015 et de 17 à 20 millions d'euros l'an dernier. "Les analyses montrent que si rien n'est fait pour changer la structure des coûts, les pertes pourraient atteindre 21 millions d'euros en 2017 et 25 millions en 2018", souligne M. Bosch. Pour Bernd Bosch, la fermeture de 69 magasins est quelque chose de "très difficile". "Nous devons nous atteler à réduire l'impact au minimum pour les personnes concernées et leur famille". Le patron n'a pas voulu indiquer quels magasins seront précisément fermés. Selon une source syndicale, 37 magasins seront fermés en Flandre, 25 en Wallonie et 7 à Bruxelles et sa périphérie. "La sélection des magasins se base sur la rentabilité des trois dernières années mais aussi sur la qualité et le potentiel de la localisation. A l'avenir, Blokker restera présent au coeur des villes et en périphérie, tout dépend de l'identité régionale", explique encore le CEO. Parallèlement à ces fermetures, Blokker va poursuivre le réaménagement de ses 121 magasins restants. Environ 41 magasins ont déjà été réaménagés et 50 le seront avant les soldes d'été. Le reste des magasins suivra d'ici la fin de l'année.Pascal Strube, du syndicat socialiste, évoque "un véritable bain de sang social" pour qualifier cette restructuration. "Un tiers du personnel licencié. Certaines personnes travaillaient chez Blokker depuis 25 ou 30 ans", souligne-t-il. Son collègue du syndicat chrétien, Marc Jacobs, confirme que beaucoup de travailleurs ont une longue ancienneté chez Blokker. "La chaîne avait gelé l'embauche depuis plusieurs années", dit-il. La direction de Blokker veut fermer 69 magasins et supprimer environ 300 postes. Les syndicats vont tenter de sauver un maximum d'emplois via la procédure Renault, précise M. Strube. Ils veulent aussi disposer d'un plan d'avenir crédible pour la chaîne. Une première réunion d'information est prévue le 14 février avec la direction. "Nous voulons notamment avoir une liste du personnel. Sur cette base, nous pourrons voir si nous pouvons dégager des opportunités comme des RCC par exemple", explique M. Jacobs. "La direction nous a déjà assurés qu'elle collaborerait pour éviter les licenciements secs". Dans les 121 magasins restants, le plan directeur sera appliqué. Selon M. Jacobs, l'espace des magasins sera plus vaste et aéré avec un assortiment plus clair. "Par le passé, Blokker avait la réputation d'une chaîne de magasins où l'on trouvait de tout. Ils veulent renouer avec la tradition et se profiler comme le spécialiste de la maison". Les syndicats n'ont pas lancé d'appel à la grève. "Mais si le personnel ne peut pas travailler en raison du choc de l'annonce, il aura notre soutien", précise M. Strube.