"Nous sommes meurtris, mais nous avons redémarré les vols" a expliqué jeudi soir Bernard Gustin, CEO de Brussels Airlines. La compagnie déplore des blessés parmi son personnel. "Lorsque j'ai vu les images du ticketing office détruit dans le hall des départs, situé près d'une des déflagrations, j'ai cru qu'on ne retrouverait personne". En fait la compagnie déplore des blessés, dont quatre hospitalisés, "aucun en danger de mort".
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"Nous sommes meurtris, mais nous avons redémarré les vols" a expliqué jeudi soir Bernard Gustin, CEO de Brussels Airlines. La compagnie déplore des blessés parmi son personnel. "Lorsque j'ai vu les images du ticketing office détruit dans le hall des départs, situé près d'une des déflagrations, j'ai cru qu'on ne retrouverait personne". En fait la compagnie déplore des blessés, dont quatre hospitalisés, "aucun en danger de mort".Les vols de Pâques seront assurés au maximumPour Brussels Airlines l'attentat est la plus grande crise jamais affrontée. Elle a décidé mercredi de redémarrer les opérations partiellement, en créant des bases à Liège et Anvers pour les vols courts et moyen-courriers, à Zürich et à Francfort pour les longs courriers vers l'Afrique et les Etats-Unis. Le site de la compagnie fournit les horaires de cette organisation transitoire."Nous avons organisé en quelques heures des bases pour pouvoir transporter une partie des voyageurs. Le week-end de Pâques est l'un des moments les plus chargés de l'année, avec plus de 22.000 voyageurs par jour, nous ne voulions pas rester à l'arrêt. Il y a des gens bloqués aux Etats-Unis et en Afrique, de nombreuses personnes ont réservé des vols pour partir en vacances" continue Bernard Gustin. "Nous demandons aux passagers de l'indulgence car nous organisons en quelques heures ce qui prend normalement plusieurs mois à une compagnie, organiser des bases. Nos équipes et les aéroports régionaux ont fait un travail formidable pour nous permettre de redémarrer. On essaye de réaliser l'impossible."Bases transitoires à Liège, Anvers, Zürich et FrancfortBrussels Airlines ne pourra organiser tous les vols et va provisoirement perdre une bonne partie du trafic de transit. "Depuis jeudi nous avons mis en service 5 avions Avro à Anvers, pour assurer des vols qui sont plutôt business, et 10 Airbus 320/319 à Liège pour les vols plutôt vacances, soit 15 avions au total". Soit la moitié de la flotte moyen courrier. La compagnie n'a pas envisagé Charleroi car ce dernier est saturé : Ryanair et Jetairfly y ont déménagé leurs vols programmés à Zaventem. "Pour les vols longs courriers, nous assurons le service depuis jeudi au départ de Zürich et de Francfort. Avec une navette sur Liège pour les passagers qui vont et viennent de Belgique depuis les deux aéroports. J'espère concentrer ces longs courriers sur Francfort pour simplifier des opérations déjà fort complexes." Six Airbus A330 ont été mis en service sur ces bases temporaires. Cette délocalisation a été organisée avec le groupe Lufthansa, premier actionnaire de Brussels Airlines (45% des parts)."C'est très mauvais que Bruxelles soit déconnecté du monde"Il s'agit bien sûr d'une situation transitoire. "Nous redémarrer lundi à Zaventem, mais cela ne dépend pas de nous. Lundi cela fera six jours que l'aéroport aura été fermé, il est essentiel de le rouvrir. J'entends bien la gravité de la situation, mais il est aussi symbolique que Bruxelles soit connecté et puisse opérer en premier lieu les vols longs courriers. C'est très mauvais que Bruxelles soit déconnecté du monde, du moins par avion." Bernard Gustin est en contact permanent avec Arnaud Feist, le patron de Brussels Airport, "nous sommes comme deux frères de tranchée". L'aéroport passager est fermé en raison de l'enquête judiciaire de l'attentat du 22 mars dernier.La reprise ne sera pas aisée. Au plan pratique, "il faut voir comment ça va se passer pour le check in, puisque l'attentat a eu lieu dans cette zone. C'est plus simple si les voyageurs n'ont pas de bagage de soute. Peut-être que dans un premier temps les voyages européens se feront uniquement avec des bagages de cabine" continue Bernard Gustin. Une réouverture à 100% n'est pas certaine, "on ne sait pas encore quelle capacité l'aéroport pourra absorber en redémarrant : 30%, 50% ?"Bernard Gustin fera du handling à la réouverture de ZaventemL'autre défi, et pas le moindre, est le personnel de la compagnie qui ira retravailler à l'aéroport. "Notre personnel a été meurtri et choqué par ce qu'il a vu lors de l'attentat, cela sera sans doute difficile de retourner à leur lieu de travail habituel. Nous devons le soutenir. J'irai à la réouverture travailler au handling, à l'aéroport, pour aider les passagers. Je ne peux pas dire au personnel d'aller à l'aéroport pour redémarrer et rester tranquillement dans mon bureau."