La Bourse de Ryad a réagi à ces attaques en chutant de 3% à l'ouverture des transactions de la semaine, avant de reprendre une partie de ses pertes. Les explosions de samedi ont déclenché des incendies dans l'usine d'Abqaiq, la plus grande pour le traitement de pétrole au monde, et le site Khurais, qui abrite un énorme champ pétrolier. Le porte-parole du ministère saoudien de l'Intérieur, le général Mansour al-Turki, a déclaré que les attaques n'avaient fait aucune victime. Et l'infrastructure énergétique saoudienne avait déjà été touchée à maintes reprises par les Houthis. Mais cette frappe est d'un autre ordre: elle a provoqué une réduction brutale de production de 5,7 millions de barils par jour (b/j), soit environ 6% de l'approvisionnement mondial. Elle pourrait ébranler la confiance des investisseurs qui cherchent à prendre une participation dans Aramco, géant pétrolier qui prépare une introduction partielle en Bourse. Le gouvernement saoudien espère lever jusqu'à 100 milliards de dollars en se basant sur une évaluation de 2.000 milliards de dollars de la société, dans ce qui serait alors la plus grande introduction en bourse au monde. L'opération a été retardée à plusieurs reprises en raison, entre autres, des bas prix du pétrole. Alors que les marchés surveillent de près la capacité de l'Arabie saoudite à contenir les effets de l'attaque, le PDG d'Aramco, Amin Nasser, a déclaré que "des travaux" étaient "en cours" pour rétablir la pleine production. Le prince Abdel Aziz ben Salmane, nouvellement nommé ministre de l'Energie, a lui assuré qu'une partie de la baisse serait compensée par le recours à de vastes stocks. Ryad, premier exportateur mondial de pétrole brut, a construit cinq gigantesques installations de stockage souterrain à travers le pays qui peuvent contenir des dizaines de millions de barils de divers produits pétroliers raffinés. Ryad a dépensé des milliards de dollars en matériel militaire, mais les récentes attaques ont mis en évidence la vulnérabilité de son infrastructure. Bien que les puits de pétrole du royaume, dispersés sur de vastes régions, sont difficiles à atteindre, ses installations de traitement du brut sont beaucoup plus exposées. (Belga)