"Les logiciels quantiques n'ont rien à voir avec les logiciels séquentiels actuels. C'est une toute autre manière de penser", affirmait l'ancien ministre français de l'Economie Thierry Breton à Bozar mardi. Les ordinateurs quantiques ne travaillent pas sur base des 1 et des 0, mais avec des 'bits quantiques' (Qubits) qui peuvent tout aussi bien être 1 que 0. Il est prévu que dès qu'ils seront construits, probablement dans dix ans, ils seront tellement puissants qu'i...

"Les logiciels quantiques n'ont rien à voir avec les logiciels séquentiels actuels. C'est une toute autre manière de penser", affirmait l'ancien ministre français de l'Economie Thierry Breton à Bozar mardi. Les ordinateurs quantiques ne travaillent pas sur base des 1 et des 0, mais avec des 'bits quantiques' (Qubits) qui peuvent tout aussi bien être 1 que 0. Il est prévu que dès qu'ils seront construits, probablement dans dix ans, ils seront tellement puissants qu'ils perceront avec grande facilité les actuelles techniques de cryptage.Thierry Breton (62), l'ancien PDG de la société de défense Thomson et de France Telecom, et depuis 2009 CEO d'Atos, a comparé la phase dans laquelle nous nous trouvons à présent avec l'ordinateur quantique au langage informatique assembleur avec lequel il travaillait encore durant ses études d'ingénieur. "Dans nos bibliothèques de logiciels, il y a quarante à cinquante années de développement", précisait-il. "De la même manière, nous développerons de nouveaux langages quantiques au cours des prochaines années."L'Atos Quantum Learning Machine (QLM), un superordinateur compacte de la taille d'un congélateur, coûte entre 100.000 et 1 million d'euros et simule un ordinateur quantique qui travaille avec 30 à 40 qubits. Atos introduit en même temps un langage de programmation universel, aQasm pour Atos Quantum Assembly Language, à destination de l'ensemble de la communauté des scientifiques et développeurs.Le groupe français promet que les logiciels qui seront développés en aQasm fonctionneront sur les vrais ordinateurs quantiques physiques lorsqu'ils seront disponibles, et ce sans nécessité de changement.Le groupe cible de l'Atos QLM sont les universités et les centres de recherches, mais Breton espère aussi susciter l'intérêt des fabricants de voitures et d'avions et du monde pharmaceutique, qui ont tous besoin de puissance informatique massive.Il a également avoué que la Chine, l'Australie et le Canada notamment sont déjà bien avancés en la matière, mais "nous n'avons pas à rougir". Selon Breton, le QLM est unique, avec sa conception compacte et clé-sur-porte.Avec ses 100.000 membres du personnel, Atos est l'une des plus importantes sociétés de services en technologies de l'information d'Europe, mais après l'acquisition de Bull en 2014, également un producteur de superordinateurs.