La question de la diversité est souvent source de préjugés et de fausses impressions. Les chiffres montrent, par exemple, qu'en 2017, on comptait à Bruxelles 43.000 entrepreneurs "issus de la diversité" sur un total de 107.000. Comment interprétez-vous ces chiffres ?
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La question de la diversité est souvent source de préjugés et de fausses impressions. Les chiffres montrent, par exemple, qu'en 2017, on comptait à Bruxelles 43.000 entrepreneurs "issus de la diversité" sur un total de 107.000. Comment interprétez-vous ces chiffres ? Ils peuvent être vus comme une surprise simplement par le fait qu'ils ne reflètent pas forcément l'idée qu'on pouvait avoir de la question. Ils sont plus bas que ce qu'imaginaient certains. Ou, à l'inverse, plus élevés. En réalité, ces chiffres sont en phase avec la réalité bruxelloise. Ils permettent de constater que la démarche entrepreneuriale est aussi présente parmi les personnes issues de l'immigration que dans la population " belgo-belge ", la proportion est respectée. Par contre, une étude que l'on avait menée en 2016 montre qu'il existe, chez ces entrepreneurs issus de la diversité, une différence en matière de motivation. On y trouve davantage de personnes qui affirment qu'ils n'auraient jamais trouvé de travail de ce type dans le monde de l'entreprise, en tant que salarié. C'est en tout cas la perception qu'ils ont. Est-ce qu'on distingue d'éventuelles différences dans le type de projets ou d'activités dans lesquels se lancent ces entrepreneurs ?Non, on ne constate pas de distinction remarquable. Cette perception selon laquelle ils seraient, par exemple, plus actifs dans l'horeca ou le commerce n'est pas confirmée par les chiffres. De plus, il apparaît qu'ils ne sont pas du tout refermés sur leur communauté. Au contraire, ils font de leur spécificité - la connaissance d'une autre langue en plus du français et du néerlandais - une vraie force. Ils travaillent aussi souvent au contact de leur langue d'origine et se montrent plus actifs dans l'import-export. Et parfois vers des pays avec lesquels la Belgique a moins l'habitude de commercer, ce qui est très intéressant en termes d'ouverture. Du fait de leurs origines, rencontrent-ils plus de difficultés que des entrepreneurs "belgo-belges" ? Non. C'est en tout cas ce qu'il ressort de notre étude menée avec le Conseil de la non-discrimination et de la diversité, où les répondants avaient mentionné qu'ils n'avaient pas subi de discrimination particulière au moment de lancer leur affaire. Sur base de ce constat, nous n'estimons donc pas nécessaire de développer des politiques d'aides spécifiques aux entrepreneurs issus de la diversité. Ils n'en ont pas davantage besoin que les autres, même si on a par contre constaté qu'ils ont proportionnellement plus de difficultés à obtenir des informations pour se lancer, pour trouver des aides, etc. En fait, notre message, à l'UCM, c'est plutôt de doper l'entrepreneuriat dans son ensemble.