C'est ce qui s'appelle faire marche arrière. Moins de 15 jours après avoir interdit les promotions dans les supermarchés, la ministre de l'Economie et des Consommateurs, Nathalie Muylle (CD&V), a décidé la semaine dernière de relancer la machine. Pas question toutefois d'afficher de nouvelles promotions. Il s'agit simplement de permettre aux actions qui avaient déjà été négociées entre distributeurs et fabricants de s'appliquer comme prévu.
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C'est ce qui s'appelle faire marche arrière. Moins de 15 jours après avoir interdit les promotions dans les supermarchés, la ministre de l'Economie et des Consommateurs, Nathalie Muylle (CD&V), a décidé la semaine dernière de relancer la machine. Pas question toutefois d'afficher de nouvelles promotions. Il s'agit simplement de permettre aux actions qui avaient déjà été négociées entre distributeurs et fabricants de s'appliquer comme prévu. Une décision que salue la Fédération de l'industrie alimentaire. " Nous comprenions tout à fait que la ruée dans les magasins posait problème, assure Nicholas Courant, porte-parole. Mais les promotions sont toujours négociées à l'avance, ce qui fait que les fabricants s'adaptent en ajustant les volumes, en prévoyant des emballages spécifiques, etc. Cela demande toute une logistique. Notre crainte, suite à cette suspension temporaire, était de devoir jeter certains produits et d'enregistrer du coup d'importantes pertes économiques. " Du côté de Test-Achats aussi, le retour des promos est accueilli favorablement. C'est qu'une enquête menée par l'organisation de défense des consommateurs montre que les prix dans certaines enseignes ont connu une augmentation pouvant grimper jusqu'à 6% par rapport aux prix pratiqués avant la crise. " Il est évident que la suspension des promotions a eu un effet sur les prix, insiste Julie Frère, porte-parole. Un sondage réalisé entre les 18 et 20 mars a montré que 49% des ménages belges avaient déjà perdu 568 euros. A un moment donné, nous avons tiré la sonnette d'alarme. La fin des promotions faisait certainement partie de la solution pour réduire le comportement de stockage impulsif adopté par de nombreux consommateurs. Mais maintenant que la ruée sur les produits alimentaires semble avoir diminué, il est logique de les autoriser à nouveau. " Dans le secteur de la distribution, tous ne sont pourtant pas certains que cette suspension ait eu un réel impact sur le comportement des clients. " Ce qui a permis un désengorgement, ce sont les mesures de distanciation sociale (un nombre de clients limité en magasin) et le fait que nous permettons à nos gérants de restreindre les achats de produits essentiels, affirme Nathalie Roisin, porte-parole de Colruyt. Dès le départ, nous n'étions pas favorables à la suspension des promotions. Nous savions que cela aurait une influence sur les prix. " Aujourd'hui, le numéro un du marché a donc rétabli ses prix rouges et réductions, même s'il continue de garder un oeil sur la tendance au stockage en limitant si nécessaire les achats de produits essentiels. Ce n'est pas le cas de son concurrent Delhaize. L'enseigne au lion a en effet décidé de ne pas réintroduire les promotions, mais bien d'appliquer une réduction générale de 5% sur chaque ticket de caisse. " Pour nous, les circonstances restent les mêmes qu'il y a quelques semaines, affirme son porte-parole, Roel Dekelver. Les promotions attirent beaucoup plus de gens, ce qui met une pression supplémentaire sur notre personnel et notre logistique. Grâce à cette réduction générale, nous évitons un rush sur certains produits. "