Les premiers vols vers la Chine devraient démarrer cette année depuis l'aéroport de Charleroi. La nouvelle compagnie belge Air Belgium a choisi cet aéroport pour lancer ses opérations, plutôt que Liège ou Zaventem.
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Les premiers vols vers la Chine devraient démarrer cette année depuis l'aéroport de Charleroi. La nouvelle compagnie belge Air Belgium a choisi cet aéroport pour lancer ses opérations, plutôt que Liège ou Zaventem. Cette nouvelle vient en compenser une autre, négative : le rejet du recours introduit contre la décision prise en 2014 par la Commission européenne, qui avait augmenté de 12 millions d'euros par an les charges de l'aéroport. C'est la suite d'une plainte introduite par Brussels Airport, qui estimait que son concurrent hennuyer bénéficiait d'un subside déguisé. La société exploitante, Brussels South Airport Charleroi, n'est pas propriétaire des pistes et d'une bonne partie des installations. Elle les loue à une entreprise publique wallonne, la Sowaer. Le montant payé avait été jugé insuffisant par la Commission, estimant qu'il s'agissait d'une aide publique illicite. Du coup, les bénéfices, qui s'élevaient à 14 millions d'euros en 2013, ont fondu à environ 2 millions d'euros pour 2016. Un recours a été introduit, mais la Cour de justice de l'UE l'a rejeté le 25 janvier dernier. Cela complique l'équation pour Jean-Jacques Cloquet, CEO de BSCA, qui doit compter sur une hausse continue du nombre de passagers avec des moyens réduits pour augmenter la capacité de l'infrastructure. " C'est parfois très fatiguant ", reconnaît-il. En 2017, l'aéroport a accueilli 7,7 millions de passagers (+5%). Il a une marge limitée pour augmenter ses tarifs, car Ryanair, son premier client, a tendance à menacer de réduire ou arrêter ses activités partout où une augmentation de redevances a été annoncée (et il tient parole). Notons que le plaignant dans l'affaire, Brussels Airport, accusait Charleroi d'une concurrence déloyale. Or ses marges ont toujours été élevées (65 millions d'euros de bénéfice net en 2016), sa fréquentation continue à croître et Ryanair a fini par ouvrir des lignes au départ de Zaventem. Il peut investir beaucoup dans son développement, alors que Charleroi n'a pu réaliser qu'un petit terminal à petit prix, le T2 (15 millions d'euros), pour affronter l'afflux des heures de pointe. " L'ennui pour nous, c'est que nous avons moins de commerces dans ce terminal, les recettes sont donc moindres ", déclare Jean-Jacques Cloquet. Les compagnies paient maximum 2,5 euros par passager, contre 28 pour Brussels Airport. L'aéroport de Charleroi doit donc se rattraper sur les recettes commerciales (magasins, horeca, parkings, etc.). Le long courrier est, sur ce plan, une bonne affaire, car leurs passagers dépensent plus dans les commerces. Le plein développement de cette activité sera possible lorsque la piste sera allongée de 2.550 à 3.200 mètres, d'ici 2020. Les décollages sont actuellement possibles en limitant la charge des plus gros avions, ce qui permettra à Air Belgium de démarrer ses activités quand il le souhaitera.