"Il va falloir apprendre à vivre avec les tensions internationales, mais les nouvelles ne sont pas trop mauvaises pour la Belgique", affirme Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale (BNB). Il appelle toutefois à des "réformes nécessaires" afin de relancer la productivité.

Selon les prévisions économiques printanières de la BNB, quelque peu revues à la baisse par rapport à celles d'il y a six mois, la croissance se contracterait légèrement cette année, venant de 1,4% en 2018 pour arriver à 1,2% cette année. "En 2020 et 2021, l'économie belge conserverait un rythme d'accroissement plus ou moins identique de, respectivement, 1,1% et 1,2%", souligne l'institution.

A l'instar de la Banque centrale européenne la veille, les responsables de la BNB ont pointé vendredi l'impact "négatif et probablement croissant" des tensions commerciales, principalement alimentées par le bras de fer engagé entre les Etats-Unis et la Chine.

La BNB prévoit en outre la création de 120.000 emplois supplémentaires tout au long de ces trois prochaines années. Le pouvoir d'achat va progresser de 3,5% d'ici 2021, notamment en raison de l'accélération des salaires. Cette augmentation des salaires va entraîner une "progression continue" de l'inflation sous-jacente, vers les 2%.

La croissance des exportations demeurera stable entre 2019 et 2021, après une fin d'année 2018 caractérisée par une forte hausse "temporaire". Les entreprises britanniques ont en effet cherché à augmenter leurs stocks en prévision du Brexit annoncé, constate Geert Langenus, macroéconomiste à la BNB. Dans le même temps, les importations devraient augmenter, emmenée par l'expansion de la demande intérieure. On s'orienterait alors vers une balance commerciale négative.

Le déficit structurel s'établit à 11 milliards d'euros, "un montant réalisable mais ça doit être fait", commente Pierre Wunsch, sans se prononcer sur d'éventuelles mesures permettant de contribuer à l'assainissement.

Il insiste par contre sur la nécessité à prendre des mesures afin de relancer la productivité. "Des réformes sont possibles sans trop de casse sociale car les inégalités salariales restent modérées en Belgique", souligne-t-il. Les risques à terme sont en effet la fin de la croissance des salaires et une économie qui stagne, relève le gouverneur.