Les banques européennes subiront bientôt une série de nouveaux stress tests. Quelles sont les différences par rapports à ceux déjà réalisés l'an passé ?

Près de 90 établissements bancaires, soit quasiment 60 % des actifs bancaires européens, seront de nouveau soumis aux tests de l'autorité de supervision bancaire européenne dans les prochaines semaines. Et les résultats définitifs devraient être publiés fin juin.

Pour répondre aux critiques adressés à ces tests, les autorités bancaires ont nettement durci l'exercice cette année. Le "scénario du pire" utilisé pour éprouver la solidité des banques a été franchement noirci. D'abord, les conditions macroéconomiques sont nettement plus défavorables, avec une chute de la croissance par rapport à un scénario central de 3 % la première année et de 4 % la seconde. S'y ajoutent un choc inflationniste et une montée du chômage plus significative.

Du côté des variables financières, les experts tablent sur une baisse de 15 % des Bourses européennes et des dépréciations de dettes souveraines nettement plus importantes qu'en 2010, ce qui se traduit mécaniquement par des taux d'intérêt plus élevé et un surcoût de refinancement des banques.

Le risque lié à la faillite d'un des Etats membres de la zone euro est-il envisagé ?

Hélas non ! Les autorités européennes ne veulent pas tester sur les banques l'hypothèse d'un véritable défaut sur la dette d'un des pays membres de l'Union européenne. On voit pourtant avec le Portugal que cette hypothèse est loin d'être nulle.

Que peut-on espérer de cette nouvelle batterie de test ?

Enfin, la vérité ! L'an passé, seulement sept banques avaient échoué à ces stress tests. Or, nous avons vu que ces "épreuves" ont complètement sous-estimé la fragilité des caisses d'épargne espagnoles et des banques irlandaises qui ont été recapitalisées dans l'urgence. En toute logique, la liste des banques en situation tendue devrait être nettement plus longue que l'an passé. Si elle ne l'est pas, c'est la crédibilité de l'ensemble de ces tests qui sera remise en question.

Propos recueillis par Béatrice Mathieu, L'Expansion.com

Les banques européennes subiront bientôt une série de nouveaux stress tests. Quelles sont les différences par rapports à ceux déjà réalisés l'an passé ?Près de 90 établissements bancaires, soit quasiment 60 % des actifs bancaires européens, seront de nouveau soumis aux tests de l'autorité de supervision bancaire européenne dans les prochaines semaines. Et les résultats définitifs devraient être publiés fin juin.Pour répondre aux critiques adressés à ces tests, les autorités bancaires ont nettement durci l'exercice cette année. Le "scénario du pire" utilisé pour éprouver la solidité des banques a été franchement noirci. D'abord, les conditions macroéconomiques sont nettement plus défavorables, avec une chute de la croissance par rapport à un scénario central de 3 % la première année et de 4 % la seconde. S'y ajoutent un choc inflationniste et une montée du chômage plus significative.Du côté des variables financières, les experts tablent sur une baisse de 15 % des Bourses européennes et des dépréciations de dettes souveraines nettement plus importantes qu'en 2010, ce qui se traduit mécaniquement par des taux d'intérêt plus élevé et un surcoût de refinancement des banques.Le risque lié à la faillite d'un des Etats membres de la zone euro est-il envisagé ?Hélas non ! Les autorités européennes ne veulent pas tester sur les banques l'hypothèse d'un véritable défaut sur la dette d'un des pays membres de l'Union européenne. On voit pourtant avec le Portugal que cette hypothèse est loin d'être nulle.Que peut-on espérer de cette nouvelle batterie de test ?Enfin, la vérité ! L'an passé, seulement sept banques avaient échoué à ces stress tests. Or, nous avons vu que ces "épreuves" ont complètement sous-estimé la fragilité des caisses d'épargne espagnoles et des banques irlandaises qui ont été recapitalisées dans l'urgence. En toute logique, la liste des banques en situation tendue devrait être nettement plus longue que l'an passé. Si elle ne l'est pas, c'est la crédibilité de l'ensemble de ces tests qui sera remise en question.Propos recueillis par Béatrice Mathieu, L'Expansion.com