Rue des Pères Blancs, n° 12, à Bruxelles. C'est là, au premier étage de cet immeuble moderne situé à deux pas du boulevard Général Jacques, entre le rond-point Montgomery et le campus de la Plaine, que le gestionnaire indépendant Mercier Vanderlinden a choisi d'installer son bureau bruxellois. Murs blancs, mobilier design, espaces lumineux : on est loin de la traditionnelle maison de maître et de ses petits salons feutrés si chers aux banquiers privés. L'endroit est à l'image de la société : moderne, dynamique et jeune. On en viendrait presque à oublier que les lieux sont ceux d'un professionnel de la gestion d'actifs au service de particuliers fortunés.
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Rue des Pères Blancs, n° 12, à Bruxelles. C'est là, au premier étage de cet immeuble moderne situé à deux pas du boulevard Général Jacques, entre le rond-point Montgomery et le campus de la Plaine, que le gestionnaire indépendant Mercier Vanderlinden a choisi d'installer son bureau bruxellois. Murs blancs, mobilier design, espaces lumineux : on est loin de la traditionnelle maison de maître et de ses petits salons feutrés si chers aux banquiers privés. L'endroit est à l'image de la société : moderne, dynamique et jeune. On en viendrait presque à oublier que les lieux sont ceux d'un professionnel de la gestion d'actifs au service de particuliers fortunés. La quarantaine dynamique, l'allure soignée, tels sont en effet Stéphane Mercier et Thomas Vanderlinden. Anversois bilingues aux origines francophones, tous deux âgés de 46 ans, c'est pour gérer le patrimoine familial issu du produit de la vente de diverses participations dans plusieurs entreprises belges (banque AnHyp, sauces Devos-Lemmens, pastilles Frisk) que les deux compères se sont lancés dans l' asset management, la gestion d'actifs. C'était au début des années 2000. A l'époque, Stéphane Mercier et Thomas Vanderlinden travaillaient comme gestionnaires de portefeuille à la banque Delen. " Quand nous avons demandé notre agrément à la FSMA (ex-CBFA), nous avions à peine 27 ans, se souvient Thomas Vanderlinden. En fait, nous étions convaincus que nous avions une belle carte à jouer dans le private banking, dont le modèle n'est pas vraiment axé sur une vision à long terme. " Et puis bien sûr, " après avoir été à bonne école, il y avait l'envie de faire ses preuves et d'entreprendre ", ajoute Stéphane Mercier. Ainsi naît donc Mercier Vanderlinden, dans lequel les familles Vanderlinden et Mercier investissent la majeure partie de leur fortune suite à la revente de leurs participations dans la finance et l'agro-alimentaire. " Ce qui rend notre histoire crédible, poursuit Thomas Vanderlinden, c'est notre engagement. Nous investissons notre propre argent à côté de celui de nos clients. " Et cela via deux fonds (actions et obligations) : le Merclin Global Equity et le Merclin Patrimonium. Depuis 2011, il existe également un troisième fonds baptisé Merclin Institutional, mais ce dernier est réservé aux entreprises désireuses de placer leurs liquidités. Deux fonds et rien d'autre ? " Nous aimons la simplicité : c'est ce qui nous a poussés à opter pour un modèle de gestion discrétionnaire centralisée ", précise Stéphane Mercier. En fait, " tout le monde se plaint de MiFID. Eh bien, chez nous, cela ne pose aucun problème. Tout est clair, rien n'est caché. D'ailleurs, la FSMA a toujours bien aimé notre organisation et notre structure de frais. " La maison joue en effet la carte de la transparence avec des frais très compétitifs : pas de droit d'entrée, pas de droit de sortie, pas de frais de courtage, pas de rétrocessions, etc. Seule une commission de gestion de 0,80 % est prélevée. A ce fee s'ajoutent bien évidemment les frais administratifs de la banque dépositaire avec qui Mercier Vanderlinden travaille, en l'occurrence Degroof Petercam. Ce qui fait au total plus ou moins un pour cent tout compris prélevé sur les fonds en gestion (commission de 0,80 % comprise, donc). Et cela, pour une mise minimum d'un million d'euros. Côté gestion justement, cette dernière se veut prudente. " Nous mettons l'accent sur le long terme, explique Stéphane Mercier. C'est en investissant à long terme qu'il est possible de faire fructifier son patrimoine. Avoir les yeux en permanence rivés sur la Bourse, c'est une perte de temps et d'énergie. Nous réfléchissons comme des entrepreneurs et pas comme des spéculateurs. Ce qui nous intéresse d'abord, c'est la qualité du business model des sociétés dans lesquelles nous décidons d'investir ainsi que la régularité de leurs bénéfices. C'est en agissant de cette manière que nous avons obtenu de bons rendements. " Thomas Vanderlinden embraie : " Nous n'essayons pas de prédire l'évolution des taux d'intérêt ou des prix du pétrole, nous ne parlons ni de Trump ni de Poutine, etc. Nous sommes indifférents aux soubresauts de la Bourse ". Cette approche prudente se traduit par la présence dans les portefeuilles d'une bonne tranche (+/- 5 %) de deux actions " bon père de famille " : Berkshire Hathaway, la société du légendaire investisseur américain Warren Buffett, et Fairfax Financial, le " Berkshire Hathaway canadien ". Et pour cause : les deux fondateurs ne cachent pas leur admiration pour le " sage d'Omaha ". Tous deux apprécient trois de ces célèbres dictons en particulier : Always invest for the long run (littéralement, " toujours investir pour le long terme "), Be fearfull when others are greedy and greedy when others are fearfull (" soyez craintif quand les autres sont avides, et cupide quand les autres sont craintifs ") et Only when the tide goes out do you discover who's been swimming naked (" c'est quand la mer se retire qu'on voit ceux qui nagent nus "). Trois conseils qui s'inscrivent d'ailleurs en toutes lettres dans les bureaux de Mercier Vanderlinden. " Warren Buffett a l'art d'expliquer les choses simplement. Il fait également preuve de beaucoup d'optimisme et fait depuis toujours confiance à l'esprit d'entreprise ", précise Stéphane Mercier. " Si sa gestion nous inspire, c'est parce qu'elle est simple et découplée du court terme ", ajoute pour sa part Thomas Vanderlinden. Ceci n'empêche toutefois pas le duo d'apprécier également des titres tels que Microsoft, Google, Johnson & Johnson ainsi que Goldman Sachs, AB InBev ou encore Fiat. Et de signer des performances plus qu'appréciables puisque, depuis son lancement en 2003, Merclin Global Equity affiche à ce jour un rendement moyen de quasi 10 % par an. Résultat des courses, Mercier Vanderlinden occupe aujourd'hui 28 personnes et gère pas moins de 3 milliards d'euros, contre 400 millions fin 2012. Une croissance spectaculaire qui a donc vu le gestionnaire multiplier par sept ses actifs en gestion en cinq ans. D'où l'ouverture ces jours-ci d'un bureau à Bruxelles. " Nous comptons en effet environ 25 % de clients qui habitent Bruxelles et le Brabant wallon, nous confie Thomas Vanderlinden. Même si nos bureaux situés à l'entrée du ring à Anvers sont relativement accessibles, nous avons aujourd'hui la taille critique suffisante pour ouvrir un bureau à Bruxelles et nous rapprocher de cette clientèle du sud du pays. C'est une manière d'améliorer le service, tout comme c'est une manière de faciliter la vie de nos collaborateurs et d'en attirer de nouveaux. " Comme quoi on peut être à la fois prudent et entreprenant.