Vers 11H30 GMT, le rendement à 10 ans de l'Italie est ainsi descendu jusqu'à 0,975%, un plus bas historique tandis que l'écart entre le taux italien à 10 ans et le taux allemand de même échéance (ou "spread") s'est resserré jusqu'à 172 points de base, un niveau plus vu depuis mai 2018.

Les autres taux d'emprunt de la zone euro, France et Allemagne en tête, se détendaient également ce mercredi, dans un "mouvement général de report des investisseurs vers les actifs moins risqués" alors que "les marchés actions souffrent fortement aujourd'hui", a souligné auprès de l'AFP Aurélien Buffault, responsable des gestions obligataires chez Meeschaert Asset Management.

Vers 14H00, le taux français à 10 ans est ainsi tombé jusqu'à -0,455% tandis que son homologue allemand est descendu jusqu'à -0,729%, signant tous deux de nouveaux planchers historiques.

"Il y a un vent très fort qui souffle des banques centrales en faveur d'une réduction des taux et qui met beaucoup moins de pression sur le spread italien, ce qui a commencé au moment du revirement des banques centrales en début d'année", a expliqué pour sa part à l'AFP Fabrizio Pagani, responsable global des stratégies de marchés chez Munizich & Co. "Mais un facteur beaucoup plus contingent" joue également dans la détente plus prononcée du taux italien depuis deux jours, à savoir la formation très probable d'un gouvernement en Italie, et le "fait qu'on devrait éviter les élections", a-t-il complété.

La tenue d'élections "en automne, au moment de la loi de finances constitue un facteur d'instabilité en général" et par ailleurs, "le fait que la Ligue et des partis populistes puissent gagner les élections est vu par les marchés comme un facteur déstabilisant", a encore estimé M. Pagani.

L'Italie vit en effet mercredi une journée décisive politiquement: soit le Mouvement 5 Etoiles et le Parti démocrate parviennent à s'unir au sein d'un nouveau gouvernement, soit le président annoncera la tenue d'élections.

Après des prises de bec et des rabibochages, le M5S (anti-système) et le PD, première force de gauche, se sont retrouvés mercredi dès 8H00 du matin pour négocier un programme commun et la répartition des postes ministériels.

"Des rumeurs évoquent la formation d'un gouvernement qui serait pro-européen avec un ministre de l'Économie qui serait issu du Parti démocrate, soit plutôt des éléments pro-marchés et pro-européens" et donc jugés "très positifs" par les investisseurs, qui plébiscitent donc les obligations italiennes.

"La formation d'un gouvernement plus pro-européen pouvant dialoguer avec l'Europe de façon plus constructive, et avec un Parti démocrate qui est un facteur stabilisateur et pro-croissance peut être vu effectivement par les marchés comme une très bonne nouvelle", a abondé M. Pagani.