Vers 12H10 (10H10 GMT), le rendement allemand se détendait à -0,211%, contre -0,177% jeudi, dépassant ainsi son précédent plus bas du 6 juillet 2016 (-0,205%).

"Les conditions pour une forte demande des investisseurs à l'égard de la sécurité des emprunts allemands sont parfaites: les risques politiques se multiplient, entre les conflits commerciaux, le risque grandissant du Brexit et le retour du conflit sur le déficit entre l'Italie et l'UE", a indiqué dans une note Elmar Völker, analyste de la banque LBBW. Et "la menace récente de taxes contre le Mexique a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", a-t-il ajouté.

L'escalade du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine depuis le début du mois de mai a largement profité au marché européen de la dette, dont le statut de valeur refuge a joué à plein dans un contexte de craintes grandissantes pour la croissance mondiale.

Ces dernières ont été encore accentuées jeudi par l'annonce surprise de taxes douanières américaines ciblant cette fois le Mexique, accusé de laxisme sur le dossier de l'immigration clandestine.

De son côté, le gouvernement chinois a annoncé vendredi qu'il allait créer sa propre liste noire d'entreprises étrangères "non fiables", ripostant ainsi au placement mi-mai, par Washington, du géant chinois des télécoms Huawei sur une liste d'entreprises suspectes auxquelles les entités américaines ne peuvent vendre d'équipements technologiques.

Face à cette escalade des tensions commerciales, qui s'exercent sur plusieurs fronts, les taux d'emprunt à dix ans de la plupart des pays de la zone euro, à l'exception notable de l'Italie, se sont détendus vendredi, faisant plonger le Bund à son plus bas historique.

Le bon du Trésor américain de même échéance évoluait pour sa part au plus bas depuis septembre 2017.

"Sur le court terme, la pression à la baisse sur le Bund devrait augmenter", a complété M. Völker. Selon ce dernier, "les menaces grandissantes sur l'économie mondiale" pourraient également pousser les banques centrales à agir.

Un haut responsable de la Réserve fédérale américaine (Fed) a ainsi indiqué jeudi que bien que l'économie américaine reste "dans une très bonne forme", la Banque centrale des Etats-Unis pourrait envisager une baisse des taux d'intérêt en cas de ralentissement plus marqué que prévu ou en cas de faiblesse persistante de l'inflation.