Les criminels ont besoin de mules financières et de leur compte bancaire pour faire transiter l'argent volé ou le retirer en espèces, explique Febelfin. Les escrocs savent que les jeunes constituent une proie facile. "Alors que 4% de la population totale prêterait son compte et/ou sa carte bancaires en échange d'une rémunération, ce pourcentage passe à 10% chez les jeunes (entre 16 et 24 ans).

Les garçons semblent plus sensibles aux belles paroles des criminels que les filles. Huit pour cent des filles semblent tentées par l'idée de gagner de l'argent en se contentant de prêter leur compte et/ou leur carte bancaires. Dans le cas des garçons, on parle de plus de 14%", relève Febelfin qui a fait réaliser une étude auprès de 1.800 personnes. Confrontés à des difficultés financières, certains jeunes sont parfois à la recherche d'argent facile.

Pourtant, avertit la fédération, "la rémunération promise est souvent un mensonge: en lieu et place, la mule a plutôt droit à des menaces physiques et un compte pillé". Une mule ne comprend généralement pas qu'elle prend part à des activités criminelles. Mais même s'il semble qu'elle ne commet aucune infraction pénale, elle est bel et bien responsable de ce qui se passe sur son compte et peut en être tenue pour responsable.

"Si vous êtes le dernier maillon de la chaîne, le risque d'être pris est de presque 100%. Malheureusement, seuls les petits sont ciblés et il y a peu de volonté d'enquêter pour mettre la main sur le haut de la hiérarchie criminelle", relève l'avocat Andy Boermans, sollicité par Febelfin. Si la mule est mineure, ce sont les parents qui peuvent être tenus pour responsables. Dans la pratique, cela signifie que ce jeune (et ses parents) devront rembourser à la victime l'argent qui a transité via le compte de la mule. Cette dernière risque également des amendes judiciaires et fiscales importantes.

Pour sensibiliser les jeunes à la problématique, la fédération lance une campagne sur Instagram, un canal apprécié des jeunes, mais aussi l'une des voies de recrutement préférées des criminels. La fédération a notamment sollicité des influenceurs francophones et néerlandophones afin de toucher au mieux le public cible.