Nouveau changement de direction dans une grande banque suisse : quelques jours après le départ du patron de Crédit Suisse pour une étrange affaire d'espionnage, c'est au tour d'UBS de changer de CEO. Sergio Ermotti, l'homme qui a piloté la restructuration du leader mondial des activités de banque privée, va céder sa place cet automne à... Ralph Hamers, le CEO d'ING. Le quinq...

Nouveau changement de direction dans une grande banque suisse : quelques jours après le départ du patron de Crédit Suisse pour une étrange affaire d'espionnage, c'est au tour d'UBS de changer de CEO. Sergio Ermotti, l'homme qui a piloté la restructuration du leader mondial des activités de banque privée, va céder sa place cet automne à... Ralph Hamers, le CEO d'ING. Le quinquagénaire quittera le groupe néerlandais à la fin juin avant de rejoindre la Suisse dès le mois de septembre pour assurer la transition. Le choix de Hamers fait sens dans la mesure où UBS a impérativement besoin de mener à bien sa transformation digitale, un chapitre qu'Ermotti ne se sentait pas vraiment capable d'écrire. Sous sa houlette, le groupe suisse a fait la chasse aux économies, réduit l'emploi (un nouveau plan de départ de 500 postes vient d'être annoncé) et profondément restructuré ses activités de gestion de patrimoine, son maître atout. Il reste à parachever le travail : doter la banque d'outils digitaux de pointe qui séduisent une clientèle fortunée mais plus jeune... Quant à Hamers, ses sept années passées à la tête d'ING n'ont pas été un long fleuve tranquille. Pour les Belges, il restera le maître d'oeuvre, parfois avec une très grande maladresse, de la numérisation poussée d'ING et d'un plan de transformation qui aura coûté 7.000 emplois dans la banque dont 3.150 chez nous (ainsi que des fermetures d'agence et l'absorption de Record Bank). Il a aussi été égratigné par un vaste scandale de blanchiment d'argent qui a commencé avant son arrivée mais s'est poursuivi ensuite. Avec, à la clé, une amende record de 775 millions d'euros. Reste à savoir qui va lui succéder chez ING. Le choix n'est pas si simple, notamment en raison des limites salariales imposées. Des limites qui ont, sans doute, joué dans le départ de Hamers, comme l'échec de la fusion d'ING avec Commerzbank.