Sans conteste, les résultats publiés par les principaux groupes bancaires européens portent la marque de la crise.

L'espagnol Banco Santander a essuyé une gigantesque perte de près de 9 milliards d'euros. L'italien UniCredit et son compatriote Banca Monte dei Paschi di Siena ont affiché des pertes respectives de presque 3 milliards et 1,3 milliard. Le français Société Générale a subi une perte de 258 millions et l'allemand Commerzbank une de presque 3 milliards.

Chez d'autres, les résultats sont ressortis en forte baisse, à l'image du français BNP Paribas qui vu son bénéfice net reculer de 13% sur un an, ou de l'espagnol BBVA dont le bénéfice a chuté de 63%.

Mais bien souvent, "ce ne sont pas des pertes sur toute l'année, seulement sur un ou deux trimestres. On a finalement peu de banques qui ont perdu de l'argent en 2020 et les pertes sont souvent liées à des provisions et des dépréciations comptables" liées à la crise du Covid-19, souligne David Benamou, directeur des investissements chez Axiom Alternative Investments.

De fait, la plupart des établissements bancaires européens ont massivement garni l'an passé leurs réserves de provisions, parfois même sur des portefeuilles de crédits considérés comme sains, pour se prémunir contre d'éventuelles turbulences futures.

Assise financière renforcée

Au global, "l'assise financière de tout le secteur bancaire européen a progressé l'an passé", pointent auprès de l'AFP Simon Outin et Hadia Guergouri, analystes chez Allianz Global Investors.

Elles ont pour cela pu compter sur un assouplissement des exigences réglementaires et sur un arsenal de mesures de la Banque centrale européenne (BCE). Les autorités européennes leur ont par ailleurs imposé de retenir toute distribution de dividendes.

Et de fait, à la différence de la crise financière de 2008, les établissements bancaires européens ont été plutôt du côté des solutions que des problèmes, en relayant par exemple certaines mesures gouvernementales de soutien mais aussi en continuant à prêter à l'économie.

Ceci étant, "la résurgence des cas de coronavirus met en exergue le risque d'une nouvelle détérioration de l'économie. Cette incertitude, conjuguée à la disparition progressive de mesures de soutien en 2021, crée un risque considérable pour les banques", ont pointé fin décembre les analystes de Moody's dans une note.

Environnement tumultueux

En ce qui concerne plus particulièrement les banques françaises, elles "vont rester bénéficiaires en 2021", mais "la profitabilité restera probablement en deçà de 2019", souligne auprès de l'AFP Nicolas Malaterre, analyste bancaire chez S&P Global Ratings.

Le secteur doit en effet faire face "à un paysage concurrentiel important, une réglementation de plus en plus forte, des taux bas, des investissements massifs à prévoir dans la donnée et le numérique", a résumé auprès l'AFP Laurent Mignon, le président du directoire de BPCE.

Notamment, "il y aura sûrement besoin de s'interroger plus fortement sur l'utilité et le format des réseaux", pointe M. Malaterre.

"Les banques vont devoir mettre l'accent sur la simplification et les ventes. Elles devront aussi être rigoureuses sur les coûts, et elles devraient trouver de nouvelles opportunités d'économies à partir de l'expérience de confinement et de télétravail", soulignent M. Outin et Mme Guergouri, d'Allianz GI.

Dans cette perspective, le groupe Société Générale prévoit justement de fusionner ses deux réseaux de détail en France, Société Générale et Crédit du Nord, en vue de créer une nouvelle banque forte de 10 millions de clients.

Dans leurs activités de banques de financement et d'investissements, "elles devront en outre être dans une approche défensive face à la concurrence des banques américaines qui leurs prennent des parts de marché", ajoutent les analystes d'Allianz GI.

Les prochains mois devraient permettre d'apporter des réponses à certaines de ces questions: BPCE publiera en juin son nouveau plan stratégique pour les années futures. Société Générale présentera quant à lui mi-mai sa nouvelle stratégie concernant sa banque de financement et d'investissement.

Sans conteste, les résultats publiés par les principaux groupes bancaires européens portent la marque de la crise.L'espagnol Banco Santander a essuyé une gigantesque perte de près de 9 milliards d'euros. L'italien UniCredit et son compatriote Banca Monte dei Paschi di Siena ont affiché des pertes respectives de presque 3 milliards et 1,3 milliard. Le français Société Générale a subi une perte de 258 millions et l'allemand Commerzbank une de presque 3 milliards.Chez d'autres, les résultats sont ressortis en forte baisse, à l'image du français BNP Paribas qui vu son bénéfice net reculer de 13% sur un an, ou de l'espagnol BBVA dont le bénéfice a chuté de 63%.Mais bien souvent, "ce ne sont pas des pertes sur toute l'année, seulement sur un ou deux trimestres. On a finalement peu de banques qui ont perdu de l'argent en 2020 et les pertes sont souvent liées à des provisions et des dépréciations comptables" liées à la crise du Covid-19, souligne David Benamou, directeur des investissements chez Axiom Alternative Investments.De fait, la plupart des établissements bancaires européens ont massivement garni l'an passé leurs réserves de provisions, parfois même sur des portefeuilles de crédits considérés comme sains, pour se prémunir contre d'éventuelles turbulences futures.Au global, "l'assise financière de tout le secteur bancaire européen a progressé l'an passé", pointent auprès de l'AFP Simon Outin et Hadia Guergouri, analystes chez Allianz Global Investors.Elles ont pour cela pu compter sur un assouplissement des exigences réglementaires et sur un arsenal de mesures de la Banque centrale européenne (BCE). Les autorités européennes leur ont par ailleurs imposé de retenir toute distribution de dividendes.Et de fait, à la différence de la crise financière de 2008, les établissements bancaires européens ont été plutôt du côté des solutions que des problèmes, en relayant par exemple certaines mesures gouvernementales de soutien mais aussi en continuant à prêter à l'économie.Ceci étant, "la résurgence des cas de coronavirus met en exergue le risque d'une nouvelle détérioration de l'économie. Cette incertitude, conjuguée à la disparition progressive de mesures de soutien en 2021, crée un risque considérable pour les banques", ont pointé fin décembre les analystes de Moody's dans une note.En ce qui concerne plus particulièrement les banques françaises, elles "vont rester bénéficiaires en 2021", mais "la profitabilité restera probablement en deçà de 2019", souligne auprès de l'AFP Nicolas Malaterre, analyste bancaire chez S&P Global Ratings. Le secteur doit en effet faire face "à un paysage concurrentiel important, une réglementation de plus en plus forte, des taux bas, des investissements massifs à prévoir dans la donnée et le numérique", a résumé auprès l'AFP Laurent Mignon, le président du directoire de BPCE.Notamment, "il y aura sûrement besoin de s'interroger plus fortement sur l'utilité et le format des réseaux", pointe M. Malaterre."Les banques vont devoir mettre l'accent sur la simplification et les ventes. Elles devront aussi être rigoureuses sur les coûts, et elles devraient trouver de nouvelles opportunités d'économies à partir de l'expérience de confinement et de télétravail", soulignent M. Outin et Mme Guergouri, d'Allianz GI.Dans cette perspective, le groupe Société Générale prévoit justement de fusionner ses deux réseaux de détail en France, Société Générale et Crédit du Nord, en vue de créer une nouvelle banque forte de 10 millions de clients.Dans leurs activités de banques de financement et d'investissements, "elles devront en outre être dans une approche défensive face à la concurrence des banques américaines qui leurs prennent des parts de marché", ajoutent les analystes d'Allianz GI.Les prochains mois devraient permettre d'apporter des réponses à certaines de ces questions: BPCE publiera en juin son nouveau plan stratégique pour les années futures. Société Générale présentera quant à lui mi-mai sa nouvelle stratégie concernant sa banque de financement et d'investissement.