De nombreux actionnaires attendaient de pied ferme mardi la présentation de Deloitte, qui a approuvé avec beaucoup de retard et quelques réserves les comptes de Nyrstar pour l'exercice 2018. Nombre d'entre eux, parmi lesquels Kris Vansanten, ont toutefois été déçus. Deloitte a en effet insisté sur le fait que son rôle n'était pas d'évaluer certaines décisions prises par les administrateurs, comme celle de restructurer l'entreprise et d'ainsi mettre hors jeu les petits actionnaires de Nyrstar. "Nous vérifions seulement que la décision ait été correctement traitée dans le relevé annuel", a précisé le réviseur d'entreprise.

Ce dernier a en outre indiqué que le lanceur d'alerte -Gilbert Guinikoukou, l'ancien chef du service de l'audit interne de Nyrstar, qui se dit victime d'abus au sein de l'entreprise- n'avait plus pris la parole depuis ses déclarations dans la presse. "Je pense que vous n'avez pas suffisamment fait votre travail", a adressé M. Vansanten à Deloitte. Le réviseur n'aurait, selon lui, pas dû avaliser les comptes annuels. "Quelle est la valeur de votre compte-rendu si vous n'êtes pas au courant de ces déclarations", a insisté l'actionnaire. Kris Vansanten pointe également la provision de cinq millions d'euros que Nyrstar a mis de côté pour faire face aux procédures judiciaires entamées au lendemain des restructurations. "Avec cet argent, on a essayé de nous contrecarrer et on a une nouvelle fois participé à la liquidation d'une entreprise belge."

Son avocat, Laurent Arnauts, prépare actuellement une action en justice devant le tribunal des sociétés pour annuler le transfert des actifs de Nyrstar à Trafigura ou demander une indemnisation substantielle.