Les 25 personnes travaillant dans cet atelier seront engagées ailleurs au sein du SPF. Les autres services de la Monnaie royale (design, marketing...) resteront en activité. Ils emploient également 25 personnes environ.

L'UNSP juge cette décision incompréhensible.

"Le personnel est choqué par cette annonce", a commenté André Toujour, du syndicat NUOD/UNSP. "Symboliquement, c'est un coup dur puisque les premières frappes remontent à 1832. La Belgique était en outre un des fers de lance lors de l'introduction de l'euro. Songeons au travail du graveur officiel Luc Luyckx notamment. Mais aujourd'hui, le rêve européen a tourné au cauchemar."

Il précise que notre pays a été submergé d'euros venant d'autres pays, notamment de France, Allemagne et Espagne. "C'est une activité lucrative: la production de 2 euros coûte à peine 20 centimes, et le reste atterrit dans les caisses de l'État concerné", souligne le syndicaliste. La Monnaie royale frappe ses euros sur commande de la Banque nationale (BNB). "Mais en raison de ce tsunami de pièces étrangères, la BNB a suffisamment de stock et la production reste très basse pour cette année et l'an prochain."

Ces dernières années, la Monnaie royale, qui frappe également des pièces de collection, était portant rentable, selon M. Toujour. "C'est pourquoi la fermeture est difficile à comprendre. Nous allons certainement mener des actions et essayer de convaincre le gouvernement de revenir sur sa décision."

Un porte-parole du SPF Finances souligne qu'une évaluation de l'activité de l'atelier de la monnaie figurait dans l'accord de gouvernement. Une procédure de marché public va être lancée de façon à produire les euros "belges", par un tiers. L'activité déménagera probablement dans un autre pays d'Europe, où des machines sont déjà présentes.