La dernière réunion du conseil des gouverneurs de la BCE a même décidé de rouvrir les robinets de liquidités en programmant une nouvelle vague de distribution d'argent bon marché (des TLTRO, dans le jargon) qui prendra la forme de prêts d'une maturité de deux ans à des conditions avantageuses (mais la BCE ne les a pas encore précisées) qui commenceront à être offerts aux banques chaque trimestre à partir du mois de septembre et...

La dernière réunion du conseil des gouverneurs de la BCE a même décidé de rouvrir les robinets de liquidités en programmant une nouvelle vague de distribution d'argent bon marché (des TLTRO, dans le jargon) qui prendra la forme de prêts d'une maturité de deux ans à des conditions avantageuses (mais la BCE ne les a pas encore précisées) qui commenceront à être offerts aux banques chaque trimestre à partir du mois de septembre et ce, jusqu'au premier trimestre de 2021. La BCE lance depuis 2010 des opérations de financement permettant aux banques commerciales de s'abreuver à son robinet de liquidités, en payant très peu. L'idée est que cet argent vienne soutenir l'activité économique. Voici quelques mois, toutefois, on pensait que ces opérations exceptionnelles de refinancement allaient s'éteindre au fur et à mesure que l'économie retrouverait un rythme normal. Mais la BCE a dû déchanter et rouvrir le robinet. Le climat économique actuel est tout sauf calme et il se dégrade à vue d'oeil. La BCE ne table plus que sur une croissance de 1,1% dans la zone euro cette année (alors que voici quelques semaines elle avançait encore une prévision de 1,7%). L'OCDE est même plus pessimiste encore, avec une prévision ramenée à 1%, contre 1,8% précédemment. " Les risques liés aux perspectives de croissance de la zone euro sont toujours orientés à la baisse en raison de la persistance d'incertitudes liées aux facteurs géopolitiques, à la menace de protectionnisme et aux vulnérabilités des marchés émergents ", a avoué Mario Draghi. Du coup, la BCE a également précisé qu'elle ne comptait pas relever ses taux d'intérêt avant fin 2019 au plus tôt alors qu'auparavant, elle avait laissé entendre qu'elle allait resserrer sa politique après l'été de cette année. Le principal taux de refinancement de la BCE reste donc calé à 0% et les dépôts des banques commerciales auprès de l'institution sont toujours grevés d'un taux négatif de -0,4%.