Dans son rapport trimestriel sur l'inflation publié jeudi, l'institution a signalé qu'elle prévoyait dorénavant une croissance à 1,3% en 2019 et 2020 contre respectivement 1,5% et 1,6% dans son précédent rapport datant de mai. Elle table néanmoins sur un rebond de 2,3% en 2021.

Elle explique cette révision à la baisse pour cette année et la prochaine par les incertitudes du Brexit et le ralentissement de la croissance mondiale qui "devraient continuer à peser sur la croissance à court-terme et de façon plus marquée que ce qui avait été anticipé dans le rapport de mai".

Le ton adopté contraste avec celui adopté en mai lors de la publication du précédent rapport, lorsque les responsables de la Banque d'Angleterre (BoE) avaient relevé leurs prévisions de croissance, prenant acte de la bonne santé de l'économie du Royaume-Uni et de la résilience de l'économie mondiale. En juin, les membres du Comité de politique monétaire avaient cependant commencé à rectifier leur tir en accusant la montée des risques économiques.

Selon une enquête citée par le MPC, de plus en plus d'entreprises considèrent que l'incertitude du Brexit, prévu désormais le 31 octobre après avoir été reporté à deux reprises, va se poursuivre pendant plusieurs années. Environ 30% des sociétés interrogées jugent même que l'incertitude va s'étendre au-delà de 2020, ce qui risque de peser sur l'investissement dans le pays.

"La probabilité d'un Brexit sans accord a augmenté pour les participants du marché" depuis le mois de mai, ont en outre une nouvelle fois indiqué les responsables de la BoE, qui tablent, pour leur part, toujours sur un accord entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

Les craintes d'un Brexit abrupt se sont accentuées avec l'arrivée au pouvoir, la semaine dernière, du Brexiter Boris Johnson, qui a promis de sortir de l'UE fin octobre quoi qu'il arrive.

"Dans le cas d'un Brexit sans accord, le taux de change de la livre reculerait probablement, l'inflation augmenterait et la croissance du PIB ralentirait", a d'ailleurs prévenu la BoE, même si elle ne fait pour l'instant pas de cette hypothèse son scénario central.

La peur grandissante d'un "no deal" s'est déjà répercutée sur la livre sterling, qui est tombée jeudi à un niveau sans précédent depuis 2017 face au dollar.

- Le contrecoup des stocks -

Comme annoncé en juin, la Banque d'Angleterre s'attend dorénavant à une croissance nulle au deuxième trimestre, après avoir enregistré une hausse de 0,5% au premier trimestre.

"Les données officielles sur les biens exportés montrent une nette baisse au deuxième trimestre (ce qui) reflète probablement la faiblesse de la demande mondiale et le contrecoup de la constitution de stocks en Europe au premier trimestre", ont jugé les membres du MPC.

Alors que la date limite du Brexit avait été initialement prévue le 29 mars, de nombreuses entreprises au Royaume-Uni et sur le continent avaient augmenté leurs stocks par précaution en cas de désordre sur la chaine d'approvisionnement.

Selon la BoE, "la contribution négative de ces stocks pour le deuxième trimestre devrait être légèrement plus importante que l'impact positif observé au premier trimestre".

Sur le plan international, les responsables de la Banque d'Angleterre ont considéré que "les tensions commerciales sont restées élevées, comparées à la période précédent le rapport de mai, bien qu'elles se soient un peu apaisées depuis que les Etats-Unis et la Chine ont accepté de reprendre leurs discussions", qui ont débuté cette semaine.

L'institution a également observé, à l'instar des banques centrales américaine et européenne qui se sont lancées dans un processus d'assouplissement monétaire, que la croissance mondiale restait "faible".

Par ailleurs, la Banque d'Angleterre, qui vise une hausse des prix autour de 2%, a maintenu sa prévision d'inflation à 1,6% en rythme annuel à la fin 2019 et a relevé de 0,1 point à 2,1%, le rythme attendu à la fin 2020.