L'endettement des ménages belges dépasse désormais la moyenne européenne. C'est la conséquence à la fois de la hausse des prix immobiliers et de la tendance des Belges à épargner beaucoup, à vendre leurs obligations et à mettre leur épargne dans des comptes à vue et dans des comptes épargne qui ne rapportent plus rien.

Selon une étude d'ING Belgique, l'endettement des ménages belges a en effet augmenté de 9,5 milliards d'euros en 2015, pour atteindre un montant de 265 milliards d'euros au premier trimestre 2016, soit 60% du PIB. C'est un record national, et c'est davantage que la moyenne des pays européens, qui est de 59,3%.

Certes, à côté de cette dette, le patrimoine financier des ménages est coquet : 1250 milliards d'euros, ce qui fait que le patrimoine net (les avoirs moins les dettes) atteint 985 milliards d'euros environ, soit 204.000 euros par ménage. C'est 26% de plus qu'avant la crise, note ING Belgique.

Le Belge ne parvient pas à se désendetter

Mais deux remarques viennent modérer le tableau. D'une part, la croissance de ce patrimoine ralentit sensiblement, en raison de la politique de taux bas des banques centrales et de la stratégie d'investissement des ménages qui favorisent les placements les plus liquides et les moins rémunérateurs. En représentant seulement 9,3% du total (contre 45% dans les années nonante), "la part des actifs à risque (les actions, obligations et sicav) n'a jamais été aussi faible dans le patrimoine, dit ING. En revanche, il n'y a jamais eu autant d'argent dans les comptes à vue : 61,3 milliards, "soit 12.700 euros par ménage, un record" poursuit la banque.

D'autre part, la Belgique est "un des seuls pays à ne pas avoir vu la dette des ménages baisser au moins à un moment de la crise financière", soulignent les économistes d'ING Julien Manceaux et Geoffrey Minne. Pour rembourser leurs dettes, nos compatriotes doivent mobiliser aujourd'hui 7,5% de leurs revenus. Cela aussi, c'est supérieur à la moyenne de la zone euro. Et cela rend les Belges plus sensibles que d'autres à une remontée des taux.