"Pour réussir cette nouvelle étape, Axa utilisera tous les leviers dont il dispose en tant qu'investisseur et assureur de taille mondiale, mais aussi en tant qu'entreprise capable de mener des actions collectives", assure le groupe dans un communiqué financier. Dans le détail, Axa prévoit de durcir sa politique de désinvestissement du charbon pour sortir complètement de cette industrie d'ici 2030 dans les pays développés de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) et 2040 dans le reste du monde.

L'assureur entend limiter le "potentiel de réchauffement" de ses investissements à 1,5 degré d'ici 2050, en ligne avec les engagements pris dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat signé en 2015 à l'issue du sommet de la COP21. Pour l'heure, le potentiel de réchauffement du portefeuille d'Axa, dont les actifs pour compte propre représentent environ 600 milliards d'euros, atteint un peu plus de 3 degrés, c'est-à-dire que les investissements du groupe financent un monde qui réchaufferait la planète de 3 degrés. Pour atteindre son objectif, le groupe prévoit de doubler son objectif d'investissements verts pour atteindre 24 milliards d'euros d'ici 2023, contre une cible de 12 milliards prévue pour 2020 "qui est déjà atteinte", a précisé lors d'une téléconférence de presse Céline Soubranne, directrice de la responsabilité sociétale du groupe Axa. L'assureur projette par ailleurs d'investir dans des "obligations de transition", un nouveau type de titre financier conçu pour accompagner les entreprises dans leur transition vers des modèles moins émetteurs de carbone.

Un premier investissement de 100 millions d'euros annoncé ce mercredi doit notamment permettre de financer la conversion de bateaux qui utilisent pour l'instant de l'énergie fossile vers du gaz naturel ou encore d'investir dans des unités de production énergétique utilisant le charbon au Chili et en Indonésie pour les doter de technologie ayant recours au gaz. En parallèle, il dit vouloir cesser toute activité d'assurance - à l'exception des couvertures collectives - avec des clients développant de nouveaux projets énergétiques liés au charbon d'une capacité supérieure à 300 mégawatts, et limiter davantage sa politique de souscription pour les entreprises liées au charbon.

"Si un client, par exemple un énergéticien, a dans son mix énergétique plus de 30% dans le charbon, ce sera le client dans son intégralité que l'on n'assurera plus, que ce soit en responsabilité civile, sur toutes les lignes de business, sa flotte auto, de transport", a expliqué Mme Soubranne.