On a tous appris depuis notre plus jeune âge qu'épargner est une vertu. Visiblement, cette vertu fait davantage plaisir aux Flamands qu'aux francophones. C'est en tout cas ce qu'il ressort du dernier baromètre des investisseurs de la banque ING.

Ce sondage montre que 69% des personnes interrogées affirment qu'épargner leur procure un sentiment positif. Ce qui est intéressant à noter dans ce baromètre, c'est de constater que les néerlandophones sont plus nombreux à aimer mettre de l'argent de côté que les francophones.

L'épargne procure en effet un sentiment positif auprès de 77% des épargnants néerlandophones contre seulement 54% auprès des francophones. Plus amusant encore, si je puis dire, ce sentiment de bien-être à épargner, est plus fort chez les femmes (74%) que chez les hommes (67%).

Les néerlandophones sont plus nombreux à aimer mettre de l'argent de côté que les francophones.

Pourtant, ce sentiment de bien-être n'empêche pas les Belges d'être clairvoyants et lucides. La preuve, le même baromètre montre que le Belge, qu'il soit francophone ou néerlandophone, n'est pas très optimiste sur l'évolution des taux d'intérêt des comptes d'épargne.

Comme vous le savez, le taux offert - "offert" est d'ailleurs un terme inadéquat vu qu'il n'offre rien en réalité - est au plancher depuis des années. 55% des personnes sondées par ING pensent que le taux d'intérêt des livrets d'épargne ne va pas changer. C'est épatant car le bon sens des Belges rencontre la réalité.

Les personnes interrogées par ING ont raison de penser que les taux d'intérêt vont rester bas encore pendant des mois. Malheureusement, c'est justement parce que notre économie européenne ne se porte pas très bien. Et tant qu'elle reste convalescente, les autorités monétaires veulent garder les taux au plancher. D'abord, parce que tous les Etats sont très endettés et qu'il n'est pas question de les étrangler en relevant les taux.

Ensuite, parce que les entreprises et les citoyens ont besoin de taux bas pour investir et consommer. En revanche, c'est vrai, l'épargne n'est plus rémunérée, c'est la contrepartie ou si vous voulez, le prix à payer pour cette convalescence qui n'en finit pas.

Tant qu'à épargner, autant garder à l'esprit ce que conseillent les bons gestionnaires : à savoir qu'idéalement, il faudrait avoir en épargne de précaution, l'équivalent de 6 mois, voire même un an de salaire. Ce n'est pas simple pour tout le monde, mais ça vaut la peine d'essayer. Bonheur garanti à la clé et ça, je vous le dis sans sondage ING !