Les actionnaires de Dexia, cette banque en phase de démantèlement, se réuniront " virtuellement " le 20 mai pour approuver les comptes. Des comptes qui pourraient ébranler un non-initié : en 2019, la perte était de 898 millions d'euros au niveau consolidé et de 2,26 milliards pour la maison mère. Cela mérite des explications.
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Les actionnaires de Dexia, cette banque en phase de démantèlement, se réuniront " virtuellement " le 20 mai pour approuver les comptes. Des comptes qui pourraient ébranler un non-initié : en 2019, la perte était de 898 millions d'euros au niveau consolidé et de 2,26 milliards pour la maison mère. Cela mérite des explications. La perte importante au niveau de Dexia SA s'explique par la " mise à zéro " de la filiale DCL, qui était inscrite encore à hauteur d'environ 2,3 milliards d'euros dans les livres. " Nous l'avons fait pour être cohérents avec le fait que l'action ne valait plus rien et que les gains éventuels reviendraient aux Etats, et non aux actionnaires ", explique Fabienne Carlier, porte-parole de Dexia. La perte au niveau consolidé, elle, s'explique à la fois par les taux bas qui mettent la marge d'intérêt sous pression et par les diverses actions de ventes d'actifs (le bilan s'est dégonflé d'une trentaine de milliards, passant de 158 milliards fin 2018 à 120 milliards fin 2019), parfois avec pertes. En outre, Dexia a enclenché un nouveau plan de vente d'actifs : il a donc fallu requalifier des titres en actifs disponibles à la vente, comptabilisés désormais à la valeur de marché, et prendre des pertes comptables à ce niveau, ajoute Fabienne Carlier. Mais chez Dexia, le plus important est la hauteur des fonds propres. Or, ceux-ci sont en légère hausse, le ratio common equity tiers one (les fonds propres " durs ") est à 26,8% (contre 26,7% fin 2018). Côté financement, Dexia ne semble pas souffrir outre mesure de la crise. La banque a encore levé 1,5 milliard de dollars dans le marché voici quelques jours.... Ce qui intéresse toutefois les contribuables est le risque qui pèse encore sur leurs têtes. L'Europe a consenti à ce que les Etats garantissent une partie du financement du groupe après 2021 lorsque la garantie actuelle prendra fin. A partir de 2022, la France et la Belgique resteront seules à supporter ce risque (53% pour la Belgique, 47% pour la France), le Luxembourg n'étant plus de la partie. Les deux Etats assureront ainsi jusqu'à 75 milliards d'euros de financement.