L'action se comporte "mieux lundi que d'autres banques européennes", note Andreas Pläsier, analyste chez MM Warburg, qui relie cette évolution aux informations circulant depuis plusieurs jours sur l'avenir de la banque. Le conseil de surveillance de la banque pourrait se réunir dimanche pour décider de l'ampleur des "coupes franches" dans ses activités, dont le principe a été annoncé par le patron Christian Sewing lors de l'assemblée générale de mai, écrit lundi la Frankfurter Allgemeine Zeitung, sans citer de source. Plusieurs organes de presse évoquent jusqu'à 20.000 personnes devant quitter la banque dans les années à venir, soit plus d'un cinquième des 91.500 décomptés à fin mars.

La banque d'investissement, avec 17.000 banquiers en clientèle et plus de 20.000 autres dans des fonctions de support, serait particulièrement touchée. Deutsche Bank a déjà dû réduire la voilure dans cette activité jadis navire amiral avant d'être secouée par une litanie de scandales. L'an dernier, un quart des effectifs dans le négoce d'actions a été remercié aux Etats-Unis, et cela pourrait se poursuivre dans ce segment non rentable et gourmand en capital, selon une source proche de la banque interrogée par l'AFP. D'importantes coupes en personnel étaient déjà redoutées au printemps, dans le cas où la banque francfortoise aurait fusionné avec sa dauphine Commerzbank, avant que les deux acteurs ne renoncent à ce projet fin avril. Le directoire de Deutsche Bank pourrait par ailleurs être refondu, la presse évoquant surtout le départ du patron de la banque d'investissement, Garth Ritchie.

Et continuant le nettoyage de son bilan, la banque pourrait réactiver une entité interne chargée de céder sur le marché jusqu'à 50 milliards d'euros de prêts et autres actifs jugés non stratégiques, écrivait récemment le Financial Times. Un tel chantier "va peser" sur les comptes "pendant des années", prévient M. Pläsier. Vendredi dernier, le cours de Deutsche Bank avait été soutenu au lendemain du succès enregistré par sa filiale américaine lors des tests de résistance menés par la Réserve fédérale américaine, portant sur la qualité des plans de distribution de liquidités. "D'excellentes nouvelles", avait réagi M.Sewing dans une lettre aux salariés, ajoutant cependant: "nous devons encore nous améliorer", puis la grande banque allemande reste bien moins rentable que ses rivales à l'étranger.