Certains prédisent ainsi le retour de l'inflation. On observe déjà aujourd'hui un frémissement, parce que sur certains prix, il y a effectivement une tension : c'est assez normal dans la situation actuelle où les circuits de distribution sont parfois désorganisés, et où donc certains prix - de fruits ou légumes par exemple - sont plus élevés qu'avant le début du confinement.
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Certains prédisent ainsi le retour de l'inflation. On observe déjà aujourd'hui un frémissement, parce que sur certains prix, il y a effectivement une tension : c'est assez normal dans la situation actuelle où les circuits de distribution sont parfois désorganisés, et où donc certains prix - de fruits ou légumes par exemple - sont plus élevés qu'avant le début du confinement.Mais ce sont des exceptions. Les derniers chiffres d'inflation, ceux de mars, montrent en réalité une baisse des prix, l'inflation reculant de 0,16% entre février et mars dans notre pays. En termes annualisés, la hausse des prix à la consommation n'est plus que de 0,4%.C'est assez normal. Les consommateurs, du moins ceux qui ont gardé un revenu, dépensent moins que d'habitude et certains sont tentés de réveiller en baissant les prix sur certains biens (comme les voitures par exemple). Et surtout, les prix des matières premières et de l'énergie sont en chute.De plus, pour ces prochains mois, on imagine mal que les ménages, rendus prudents, se mettent à dépenser frénétiquement une fois sortis du confinement.Du coup, pour le court terme, on s'oriente, non pas vers une flambée des prix, mais au contraire vers une stagnation. Le Bureau fédéral du plan note que, dans l'état actuel des choses, le taux d'inflation annuel devrait s'élever à 0,4% en 2020 et 1,2% en 2021, contre 1,44% en 2019 et 2,05% en 2018.Certains estiment cependant qu'à plus long terme, l'inflation pourrait ressurgir, en raison de deux phénomènes : une reprise des revendications salariales (mais on l'imagine mal alors que le taux de chômage devrait rester élevé), et la relocalisation de certaines chaînes de production - ce qui engendrerait une hausse des coûts de production qui se répercuterait elle-même sur les prix de vente.Un outil de désendettementCertes, l'inflation serait bienvenue pour les trésors publics, très endettés : car l'inflation c'est l'érosion du pouvoir d'achat de la monnaie et c'est un des moyens les plus utilisés dans le passé pour dégonfler la dette publique. Ainsi, une grande partie de l'effort de désendettement après la seconde guerre mondiale s'est opéré grâce à la hausse des prix (qui réduit automatiquement la valeur de la dette accumulée dans le passé alors que le montant des recettes que l'on continue de percevoir, lui, augmente). Le taux d'inflation a atteint les 20% dans l'immédiat après-guerre.Mais le scénario ne risque pas de se répéter. D'une part parce que le chômage va repartir de l'avant, ce qui va freiner la hausse des rémunérations. Ensuite, parce que les éléments qui avant la crise sanitaire poussaient déjà les prix vers le bas - à savoir une population stagnante qui vieillit et une baisse du taux de productivité - vont continuer à peser sur l'évolution des prix. Et l'on peut penser que les relocalisations d'activités seront finalement peu nombreuses. Si les prix restent sages, au final, ce sera bon pour le pouvoir d'achat des consommateurs. Mais ce sera une mauvaise nouvelle pour ceux qui ont accumulé de fortes dettes : certaines entreprises, et les Etats.