Vendredi soir, la Banque centrale européenne, la BCE, qui est aussi le superviseur de la majorité des banques européennes, a publié une recommandation qui est beaucoup plus qu'une simple invitation. C'est un ordre. Estimant qu'il est "essentiel que les établissements de crédit puissent continuer à remplir leur rôle pour financer les ménages, les petites et moyennes entreprises et les sociétés face au coronavirus" et donc qu'il est "essentiel que les établissements de crédit conservent des capitaux pour conserver leur capacité à soutenir l'économie dans un environnement d'incertitude accrue", la BCE juge qu'il convient que les principaux établissements de crédit "s'abstiennent distribuer des dividendes et procéder à des rachats d'actions en vue de rémunérer les actionnaires pendant la période du choc économique lié à la COVID-19".

Avoir "des ressources en capital pour soutenir l'économie réelle et absorber les pertes devrait être prioritaire à l'heure actuelle", dit la BCE, qui recommande donc "qu'au moins jusqu'au 1er octobre 2020, aucun dividende ne soit versé et qu'aucun engagement irrévocable de verser des dividendes ne soit pris". Les banques doivent aussi, au cours de cette période, "s'abstenir de procéder à des rachats d'actions visant à rémunérer actionnaires".

Et celles qui "ne sont pas en mesure de se conformer à la présente recommandation parce qu'elles se considèrent elles-mêmes légalement tenues de verser des dividendes doivent immédiatement fournir une explication à leur équipe de surveillance commune (autrement dit, la BCE et leur superviseur national, NDLR)".

Triple explication

La décision de la BCE s'explique triplement. D'abord, comme elle le mentionne, il est normal que tous les efforts des banques soient centrés sur le soutien à l'économie, et donc qu'elles maintiennent un maximum de fonds propres pour pouvoir faire le plus de crédits possibles.

Ensuite, la BCE a abaissé de manière extraordinaire le taux de son financement de long terme (TLTR III dans le jargon) permettant désormais aux banques de se financer auprès d'elles à un taux négatif de -0,75%. Elle a aussi assoupli le corset réglementaire des banques, permettant d'alléger de 120 milliards leurs obligations de fonds propres. La BCE a aussi annoncé une opération de d'actifs pour 750 milliards, ce qui devrait aussi profiter aux banques. Il aurait été malvenu que les banques utilisent une partie de cet argent, ou tirent profit de ces aides, pour rémunérer leurs actionnaires.

Enfin, le versement d'un dividende aurait pu déstabiliser des marchés financiers qui n'ont vraiment pas besoin de cela. Car verser un dividende ou pas aurait constitué un signal. Il y aurait eu les banques qui pouvaient se permettre de rémunérer leurs actionnaires, et celles qui ne le pouvaient pas. Cela aurait provoqué une pression supplémentaire sur les banques les plus fragiles, ou considérées comme telle, et cela aurait, comme en 2008, déstabilisé un peu plus encore le système bancaire.

Le message de la BCE a en tout cas été reçu. KBC a publié un communiqué ce matin pour signifier qu'elle retirait sa proposition de verser un dividende, proposition sur laquelle la prochaine assemblée générale des actionnaires de la banque devait voter. KBC annule aussi la proposition de programme de rachat d'actions propres qui avait été annoncée le 13 février dernier. Et la banque précise qu'elle évaluera en octobre si elle procédera ou non au versement d'un dividende intérimaire pour cette année.

Vendredi soir, la Banque centrale européenne, la BCE, qui est aussi le superviseur de la majorité des banques européennes, a publié une recommandation qui est beaucoup plus qu'une simple invitation. C'est un ordre. Estimant qu'il est "essentiel que les établissements de crédit puissent continuer à remplir leur rôle pour financer les ménages, les petites et moyennes entreprises et les sociétés face au coronavirus" et donc qu'il est "essentiel que les établissements de crédit conservent des capitaux pour conserver leur capacité à soutenir l'économie dans un environnement d'incertitude accrue", la BCE juge qu'il convient que les principaux établissements de crédit "s'abstiennent distribuer des dividendes et procéder à des rachats d'actions en vue de rémunérer les actionnaires pendant la période du choc économique lié à la COVID-19".Avoir "des ressources en capital pour soutenir l'économie réelle et absorber les pertes devrait être prioritaire à l'heure actuelle", dit la BCE, qui recommande donc "qu'au moins jusqu'au 1er octobre 2020, aucun dividende ne soit versé et qu'aucun engagement irrévocable de verser des dividendes ne soit pris". Les banques doivent aussi, au cours de cette période, "s'abstenir de procéder à des rachats d'actions visant à rémunérer actionnaires".Et celles qui "ne sont pas en mesure de se conformer à la présente recommandation parce qu'elles se considèrent elles-mêmes légalement tenues de verser des dividendes doivent immédiatement fournir une explication à leur équipe de surveillance commune (autrement dit, la BCE et leur superviseur national, NDLR)". Triple explicationLa décision de la BCE s'explique triplement. D'abord, comme elle le mentionne, il est normal que tous les efforts des banques soient centrés sur le soutien à l'économie, et donc qu'elles maintiennent un maximum de fonds propres pour pouvoir faire le plus de crédits possibles.Ensuite, la BCE a abaissé de manière extraordinaire le taux de son financement de long terme (TLTR III dans le jargon) permettant désormais aux banques de se financer auprès d'elles à un taux négatif de -0,75%. Elle a aussi assoupli le corset réglementaire des banques, permettant d'alléger de 120 milliards leurs obligations de fonds propres. La BCE a aussi annoncé une opération de d'actifs pour 750 milliards, ce qui devrait aussi profiter aux banques. Il aurait été malvenu que les banques utilisent une partie de cet argent, ou tirent profit de ces aides, pour rémunérer leurs actionnaires.Enfin, le versement d'un dividende aurait pu déstabiliser des marchés financiers qui n'ont vraiment pas besoin de cela. Car verser un dividende ou pas aurait constitué un signal. Il y aurait eu les banques qui pouvaient se permettre de rémunérer leurs actionnaires, et celles qui ne le pouvaient pas. Cela aurait provoqué une pression supplémentaire sur les banques les plus fragiles, ou considérées comme telle, et cela aurait, comme en 2008, déstabilisé un peu plus encore le système bancaire.Le message de la BCE a en tout cas été reçu. KBC a publié un communiqué ce matin pour signifier qu'elle retirait sa proposition de verser un dividende, proposition sur laquelle la prochaine assemblée générale des actionnaires de la banque devait voter. KBC annule aussi la proposition de programme de rachat d'actions propres qui avait été annoncée le 13 février dernier. Et la banque précise qu'elle évaluera en octobre si elle procédera ou non au versement d'un dividende intérimaire pour cette année.