Alors que certains banquiers réclament la suppression du taux minimum de 0,11 % sur les livrets d'épargne, comme l'a fait récemment le patron d'ING Belgique, Erik Van Den Eynden, l'économiste belge Eric Dor (IESEG de Lille) propose de s'inspirer de l'exemple français du livret A. " Le livret A, qui rapporte 0,75 % et sert à financer le logement social, montre en effet qu'il est poss...

Alors que certains banquiers réclament la suppression du taux minimum de 0,11 % sur les livrets d'épargne, comme l'a fait récemment le patron d'ING Belgique, Erik Van Den Eynden, l'économiste belge Eric Dor (IESEG de Lille) propose de s'inspirer de l'exemple français du livret A. " Le livret A, qui rapporte 0,75 % et sert à financer le logement social, montre en effet qu'il est possible, même dans un environnement de taux bas, de rémunérer correctement l'épargne populaire sans pénaliser les banques ", affirme-t-il. Si le taux minimum de 0,11 % coûte cher aux banques en Belgique (environ 350 millions d'euros par an, compte tenu de la pénalité de 0,4 % qu'elles doivent payer pour pouvoir parquer leurs liquidités excédentaires auprès de la BCE), " on ne constate toutefois pas un effondrement des revenus d'intérêt engrangés par les banques, observe Eric Dor. Malgré la chute des taux d'intérêt et une diminution de l'écart entre taux courts et taux longs (aplatissement de la courbe des taux), on voit que l'augmentation du volume des prêts octroyés par les banques compense en partie la diminution de leur marge d'intermédiation. Il n'y a donc pas d'urgence qui devrait nécessiter de la part du législateur de mettre à zéro le plancher de l'épargne réglementée. " Au contraire, prolonge Eric Dor, " on peut même imaginer un livret au rendement plus élevé qui, comme en France, serait collecté par les banques pour le compte du Fonds d'épargne de la Caisse des Dépôts, organisme public qui canalise une partie de l'épargne des Français via le livret A pour la transformer en prêts d'intérêt général. "Tout le monde serait gagnant, avance Eric Dor. Les banques seraient soulagées. Les ménages aurait un meilleur rendement de leur épargne. Quant à l'Etat, il disposerait de moyens financiers pour financer à un taux intéressant des infrastructures telles que des logements sociaux ou des hôpitaux", conclut l'économiste.