1. L'assurance immédiate

Parmi les précurseurs : Axa
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Parmi les précurseurs : AxaC'est l'histoire d'un avion qui décolle de New York pour Paris avec 2h10 de retard. A peine arrivé, l'un des passagers reçoit une alerte sur son smartphone : il vient d'empocher 100 euros grâce à son assurance retard. Une telle couverture est courante à l'heure actuelle, mais l'activer relève souvent du parcours du combattant, avec moult documents à remplir et justificatifs à produire. Dans le cas qui nous occupe, le virement a eu lieu automatiquement, grâce à Fizzy, une couverture retard proposée par Axa depuis 2017 sur la base de la blockchain. Son fonctionnement repose sur un smart contract, un programme informatique indépendant d'Axa qui enregistre l'heure de départ et l'heure d'arrivée. L'assureur envisage même de rembourser les personnes qui le souhaitent dans la cryptomonnaie de la blockchain qu'il utilise, à savoir l'ether. D'abord cantonnée aux billets d'avion, la technologie pourrait être utilisée pour d'autres produits d'assurance, par exemple pour indemniser les agriculteurs frappés par des intempéries attestées par des capteurs. Parmi les précurseurs : la plateforme ST8Les marchés financiers bientôt ubérisés ? Depuis quelques mois, des centaines de sociétés, au lieu de vendre des actions classiques auprès des investisseurs, émettent des security tokens (jetons financiers), sorte d'actions digitalisées, via des STO (Security Token Offerings ou émissions de titres financiers numériques). La plateforme européenne ST8 se propose d'accompagner les start-up désireuses d'utiliser ce procédé. Contrairement aux ICO (Initial Coin Offerings ou émissions de jetons numériques), qui ne donnent pas accès au capital de l'entreprise émettrice mais offrent la promesse de pouvoir utiliser un service futur ou de réaliser une plus-value si la valeur du jeton augmente, les STO proposent des actifs digitaux représentant une fraction d'un instrument financier sous-jacent (action, dette, immobilier, matière première, brevet, etc.). Pour l'émetteur, le processus coûte beaucoup moins cher ; pour l'acheteur, l'exécution et le règlement sont quasiment immédiats. Et les transactions enregistrées sur la blockchain sont inaltérables. Parmi les précurseurs : CarrefourLa Mousline est-elle soluble dans la blockchain ? Depuis le mois dernier, les clients de Carrefour peuvent en tout cas tout connaître de la célèbre purée qu'ils achètent dans ses rayons : la provenance des pommes de terre, le nom du producteur, leur lieu de transformation (usines Nestlé), la date d'empaquetage, etc. Le tout avec une facilité déconcertante, tout bonnement en scannant le QR code apposé sur le paquet. " L'union des données de tous les membres de la chaîne de production fait la force de ce système, explique Emmanuel Delerm, responsable de l'organisation et des méthodes chez Carrefour. La blockchain garantit l'inaltérabilité des informations qui sont renseignées au fur et à mesure de la fabrication. " Le géant de la distribution, qui travaille avec IBM, permet déjà de tracer intégralement 20 produits dans six pays. D'ici à 2022, Carrefour espère blockchainiser 300 produits pour garantir leur qualité. En l'espèce, la technologie permet de répondre à la soif de transparence des consommateurs, alors que leur défiance à l'égard des grands groupes agroalimentaires n'a cessé de croître ces dernières années. Parmi les précurseurs : ArteïaDevenir propriétaire d'un Warhol ou d'un Picasso ? Ce devrait bientôt être possible pour toutes les bourses, du moins à un niveau infinitésimal, par la grâce de la blockchain. La technologie permet en effet de digitaliser et de " diviser " les oeuvres d'art en tokens (jetons) de potentiellement petite taille. Certains artistes ont d'ailleurs blockchainisé leurs tableaux, sculptures ou autres créations, en émettant des dizaines, des centaines, voire des milliers de jetons numériques. Philippe Gellman, cofondateur et patron de la start-up Arteïa, propose déjà aux collectionneurs de regrouper sur la plateforme des informations confidentielles sur leurs oeuvres, leur valorisation ou encore leur emplacement, de manière immuable et incorruptible. A terme, Arteïa espère pouvoir rivaliser avec les maisons d'enchères traditionnelles, en permettant aux amateurs de vendre ou d'acheter leurs oeuvres sur la plateforme. En évitant bien sûr les commissions habituelles sur ce segment. Parmi les précurseurs : UbisoftLes gamers connaissent le problème par coeur : ce qui est dans un jeu vidéo reste dans le jeu. L'exemple le plus connu est celui de Fortnite. Le jeu à succès, s'il est disponible gratuitement, a amassé 2,5 milliards de dollars en 2018 grâce aux achats de features (déguisements, habits) pour les personnages. Or, aucun de ces éléments n'appartient aux joueurs ; ces achats sont pour eux comme perdus. C'est justement pour remédier à cette frustration que des sociétés comme Ubisoft travaillent sur la blockchain. Grâce à elle, tous les équipements peuvent être digitalisés et avoir une existence propre en dehors du jeu, avec un système de tokens. Les gamers peuvent les acheter, les vendre, se les échanger. Ubisoft a en outre rejoint l'an dernier la Blockchain Game Alliance, qui plaide en faveur d'une norme universelle pour créer un écosystème plus interopérable et transparent, dans lequel les joueurs pourraient modifier les jeux à leur guise de manière décentralisée.Par Raphaël Bloch.