Le taux de chômage était ainsi de 13,3% en mai aux Etats-Unis contre à peine 3,5% en février. Et les dommages à l'économie s'annoncent en partie durables. Les restructurations se multiplient : 30.000 emplois en moins (estimés) chez Emirates, 15.000 chez Renault, 13.000 chez General Electric, 10.000 chez BP, 6.700 chez Uber, e...

Le taux de chômage était ainsi de 13,3% en mai aux Etats-Unis contre à peine 3,5% en février. Et les dommages à l'économie s'annoncent en partie durables. Les restructurations se multiplient : 30.000 emplois en moins (estimés) chez Emirates, 15.000 chez Renault, 13.000 chez General Electric, 10.000 chez BP, 6.700 chez Uber, etc. Et des géants comme JC Penney ou Hertz ont déposé le bilan. Comparativement, Wall Street affiche une santé insolente. Le Nasdaq 100 a même établi un nouveau record historique en début de semaine. Se contenter d'évoquer l'anticipation des marchés ne suffit guère à expliquer un tel écart. Les investisseurs ne sont pas non plus aveugles aux impacts durables de la crise, notamment sur les perspectives bénéficiaires de nombreuses entreprises. Mais ils n'ont d'autre choix, pas d'autre alternative aux actions. Le syndrome TINA ( There is no alternative) ne concerne plus seulement le Japon et l'Europe, mais aussi les Etats-Unis, la référence mondiale. Le rendement du Bon du Trésor américain à 10 ans a chuté sous 1% contre plus de 3% à l'automne 2018. Parallèlement, la demande d'investissements est très importante avec les assouplissements quantitatifs des banques centrales et l'épargne des ménages. Aux Etats-Unis, le taux d'épargne s'est envolé à 33% en avril, quasiment le double du précédent record datant de mai 1975. Dans ce contexte marqué in fine par une forte demande d'actions, il n'est guère étonnant de déjà assister à une vague d'introductions en Bourse, comme celles de JDE Peet's, maison mère de Douwe Egberts, ou Warner Music.