Ces nouvelles règles sont en principe positives pour les clients, sauf pour ceux qui ont plus de 100.000 euros dans la banque en question.

Mais d'abord, un petit rappel. Jusqu'à présent, quand une banque était au bord de la faillite, c'est très souvent l'État qui était appelé à la rescousse. Donc au final, elle était en réalité sauvée par les contribuables, y compris ceux qui n'avaient pas un euro de dépôt dans cette banque. Rien qu'entre octobre 2008 et octobre 2011, c'est-à-dire au plus fort de la crise de la zone euro, la Commission européenne a donné son accord pour 4.500 milliards d'euros d'aides d'État pour sauver des établissements bancaires. Or, justement, la Commission et les États ne veulent plus voir ce scénario: quand la direction d'une banque sait qu'elle peut être sauvée par l'État, elle peut avoir tendance à déraper puisqu'elle sait qu'elle sera sauvée quoiqu'il arrive.

Pour éviter ce genre de dérapage et éviter que ce soit à chaque fois le contribuable qui passe à la caisse, la Commission européenne a imposé de nouvelles règles à partir de ce 1er janvier 2016. Dorénavant, si une banque a des difficultés, ceux qui passeront à la caisse les premiers, ce sont les actionnaires de la banque. Et si cela ne suffit pas à renflouer la banque en question, les deuxièmes à passer à la caisse seront les détenteurs d'obligations de cette banque. Et si cela ne suffit toujours pas, alors la banque sera sauvée par ses clients.

Les gros déposants ne sont plus à l'abri de perdre leur argent. On se retrouve dans le scénario de Chypre...

En clair, les gros clients, ceux qui ont plus de 100.000 euros en compte devront aussi passer à la caisse pour éponger les pertes de la banque en faillite. Autrement dit, les gros déposants ne sont plus à l'abri de perdre leur argent. On se retrouve en réalité dans le scénario de Chypre, qui est resté dans toutes les mémoires, lorsque des Russes ont découvert que l'argent qu'ils y avaient mis en sécurité était parti en fumée avec la faillite des banques chypriotes !

Évidemment, cette information ne fait pas plaisir. Mais du côté de la Commission européenne, on insiste pour dire que c'est le prix à payer pour éviter que le contribuable ne mette la main à la poche pour sauver des banques avec lesquelles il n'a aucun lien.

Vous l'avez donc compris, si vous faites partie de ceux qui ont plus de 100.000 euros de dépôts dans une banque, faites en sorte de répartir vos avoirs sur plusieurs banques pour ne pas dépasser cette barre des 100.000 euros. Mais gardez également à l'esprit que même dans l'ancien système, les dépôts au-dessus de 100.000 euros n'étaient pas garantis !