Une politique de taux bas qui profite, certes, aux emprunteurs mais qui pèse fortement sur le livret (abritant 261 milliards d'euros), lequel n'offre plus souvent qu'un taux plancher de 0,11 %. Et cela, avec un taux de base de 0,01 % et une prime de fidélité de 0,10 % qui s'applique uniquement à l'argent déposé depuis un an. Si bien que le rendement moyen des dépôts d'épargne est en réalité inférieur à ce 0,11 %.

Selon les calculs de l'économiste belge Eric Dor de l'IESEG School of Management (Lille), il s'élève en fait à 0,03 %, soit le taux le moins élevé de la zone euro (en moyenne 0,44%). Celui-ci devient même négatif si on tient compte de l'inflation : - 1,44 %. Autrement dit, l'épargne du Belge ne lui rapporte rien, elle lui coûte même 1,44 % ! De quoi ici aussi placer la Belgique loin de la moyenne européenne (- 0,69%), et cela malgré une inflation en baisse ces derniers mois. En cause : " Un manque de volonté politique en Belgique pour établir un taux minimum proche de l'inflation afin de maintenir le pouvoir d'achat des ménages ", pointe Eric Dor. En France par exemple, le taux du Livret A est resté à 0,75 %, malgré les demandes de la Banque de France, le gendarme bancaire, de l'abaisser, le gouvernement estimant qu'il fallait préserver le pouvoir d'achat de l'épargne populaire. Avec comme résultat aujourd'hui pour les ménages français, un taux d'intérêt réel sur leur épargne qui est le moins négatif de la zone euro (- 0,62%). Quant aux épargnants italiens et chypriotes, ils sont les seuls à bénéficier aujourd'hui d'un taux d'intérêt réel positif sur leur épargne, signe des problèmes persistants de leurs systèmes bancaires respectifs.

-1,44 %

Le taux d'intérêt réel (négatif) sur les dépôts d'épargne en Belgique.