Après avoir déjà dévissé de plus de 3% jeudi, Wall Street continuait de s'enfoncer dans les mêmes proportions vendredi.

Les Bourses européennes ont pour leur part toutes clôturé sur des pertes sévères, autour de 3,50% pour Milan et Madrid, Francfort terminant sur une chute de 3,26%, Londres de 3,62% tandis que la palme est revenue à Paris avec un plongeon de 4,14%, inédit depuis le référendum sur le Brexit en juin 2016.

Car, faisant fi des statistiques macroéconomiques habituelles, pourtant bien orientées ce vendredi aux Etats-Unis, une seule donnée intéresse désormais les investisseurs: le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes au coronavirus dans le monde alors que l'épidémie vient de passer au global la barre des 100.000 cas.

"C'est de cela que dépendra l'évolution de la volatilité et des indices boursiers" dans les prochains jours, assure auprès de l'AFP Vincent Juvyns, un stratégiste de JP Morgan AM.

Après une séquence déjà noire la semaine dernière sur les Bourses mondiales, la volatilité est restée très élevée ces derniers jours, les marchés connaissant "la semaine la plus volatile depuis que les Etats-Unis ont perdu leur triple A en août 2011", rappelle Florence Barjou, responsable de la gestion diversifiée chez Lyxor AM.

"Nous sommes encore dans une zone d'incertitude très très forte qui agite les marchés" et il y a en outre "un effet panique avec les Etats-Unis qui découvrent petit à petit que le nombre de cas chez eux est probablement beaucoup plus important que ce qu'ils pensent", ajoute-t-elle, interrogée par l'AFP.

Et même si Donald Trump s'est voulu rassurant vendredi, estimant que les marchés allaient "rebondir" et appelant la Fed à de nouveau abaisser ses taux pour stimuler l'économie, son principal conseiller économique, Larry Kudlow, a reconnu que l'économie américaine "devrait ralentir au prochain trimestre".

A ces inquiétudes quant à une propagation du virus sur le sol et à l'économie américaine, qui paraissaient jusqu'alors relativement épargnés, se sont ajoutées celles liées à la chute brutale des cours du pétrole. L'or noir a perdu jusqu'à 9% vendredi, alors que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et son principal allié russe ne sont pas parvenus à s'entendre pour amplifier leurs baisses de production.

Signe d'une aversion exacerbée au risque, le taux obligataire américain à 10 ans continuait de franchir de nouveaux records historiques à la baisse, tandis que le taux allemand de même échéance est revenu à son plus bas historique atteint début septembre.

La BCE attendue au tournant

Pour autant, "la panique n'est pas de mise à ce stade et il faudra que les marchés trouvent un plancher à un moment donné, reste à savoir quand", tente-t-il de rassurer.

Car si elle a pu momentanément aider les marchés à temporiser, la décision surprise de la Réserve fédérale américaine (Fed) d'abaisser ses taux de 50 points de base, qui a été suivie par des mesures similaires d'autres banques centrales, n'aura pas suffi à rassurer les investisseurs.

"C'est une condition nécessaire mais pas suffisante", estime M. Juvyns. "Il est bon d'avoir cet assouplissement monétaire pour faire que le coût de l'argent demeure faible mais la condition suffisante, c'est l'activation de mesures publiques ciblées".

"La conjugaison de ces deux éléments crée a priori un contexte qui devrait permettre d'amortir le choc", selon lui.

"Mais pour compenser le trou d'air concret de l'activité, il faut de la relance budgétaire", abonde Mme Barjou.

Nombre d'intervenants de marché considèrent en effet que la réponse à apporter devrait être beaucoup plus budgétaire que monétaire pour être efficace. Des plans de plusieurs milliards ont d'ores et déjà été débloqués aux Etats-Unis et en Italie pour répondre à cette crise sanitaire inédite.

Tous les regards sont désormais tournés vers la Banque centrale européenne (BCE), qui dévoilera ses intentions la semaine prochaine, et dispose a priori de moins de marges de manoeuvre.

Pour la BCE, il "sera difficile de ne pas suivre la Fed, surtout étant donné l'évolution de l'euro récemment", la devise européenne ayant temporairement pris 1% vendredi face au dollar, juge Mme Barjou.

Si baisse de taux il y a en Europe, le marché s'attend toutefois à ce qu'elle ne dépasse pas 10 points de base.

"Nous ne sommes pas dans un contexte à ce stade similaire à 2008 où nous avions réellement un problème fondamental dans notre économie", relativise également M. Juvyns, et "dans les trimestres à venir, la situation va immanquablement s'améliorer comme elle l'a déjà fait en Chine".

Après avoir déjà dévissé de plus de 3% jeudi, Wall Street continuait de s'enfoncer dans les mêmes proportions vendredi.Les Bourses européennes ont pour leur part toutes clôturé sur des pertes sévères, autour de 3,50% pour Milan et Madrid, Francfort terminant sur une chute de 3,26%, Londres de 3,62% tandis que la palme est revenue à Paris avec un plongeon de 4,14%, inédit depuis le référendum sur le Brexit en juin 2016.Car, faisant fi des statistiques macroéconomiques habituelles, pourtant bien orientées ce vendredi aux Etats-Unis, une seule donnée intéresse désormais les investisseurs: le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes au coronavirus dans le monde alors que l'épidémie vient de passer au global la barre des 100.000 cas."C'est de cela que dépendra l'évolution de la volatilité et des indices boursiers" dans les prochains jours, assure auprès de l'AFP Vincent Juvyns, un stratégiste de JP Morgan AM.Après une séquence déjà noire la semaine dernière sur les Bourses mondiales, la volatilité est restée très élevée ces derniers jours, les marchés connaissant "la semaine la plus volatile depuis que les Etats-Unis ont perdu leur triple A en août 2011", rappelle Florence Barjou, responsable de la gestion diversifiée chez Lyxor AM."Nous sommes encore dans une zone d'incertitude très très forte qui agite les marchés" et il y a en outre "un effet panique avec les Etats-Unis qui découvrent petit à petit que le nombre de cas chez eux est probablement beaucoup plus important que ce qu'ils pensent", ajoute-t-elle, interrogée par l'AFP.Et même si Donald Trump s'est voulu rassurant vendredi, estimant que les marchés allaient "rebondir" et appelant la Fed à de nouveau abaisser ses taux pour stimuler l'économie, son principal conseiller économique, Larry Kudlow, a reconnu que l'économie américaine "devrait ralentir au prochain trimestre".A ces inquiétudes quant à une propagation du virus sur le sol et à l'économie américaine, qui paraissaient jusqu'alors relativement épargnés, se sont ajoutées celles liées à la chute brutale des cours du pétrole. L'or noir a perdu jusqu'à 9% vendredi, alors que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et son principal allié russe ne sont pas parvenus à s'entendre pour amplifier leurs baisses de production.Signe d'une aversion exacerbée au risque, le taux obligataire américain à 10 ans continuait de franchir de nouveaux records historiques à la baisse, tandis que le taux allemand de même échéance est revenu à son plus bas historique atteint début septembre.Pour autant, "la panique n'est pas de mise à ce stade et il faudra que les marchés trouvent un plancher à un moment donné, reste à savoir quand", tente-t-il de rassurer.Car si elle a pu momentanément aider les marchés à temporiser, la décision surprise de la Réserve fédérale américaine (Fed) d'abaisser ses taux de 50 points de base, qui a été suivie par des mesures similaires d'autres banques centrales, n'aura pas suffi à rassurer les investisseurs."C'est une condition nécessaire mais pas suffisante", estime M. Juvyns. "Il est bon d'avoir cet assouplissement monétaire pour faire que le coût de l'argent demeure faible mais la condition suffisante, c'est l'activation de mesures publiques ciblées"."La conjugaison de ces deux éléments crée a priori un contexte qui devrait permettre d'amortir le choc", selon lui."Mais pour compenser le trou d'air concret de l'activité, il faut de la relance budgétaire", abonde Mme Barjou.Nombre d'intervenants de marché considèrent en effet que la réponse à apporter devrait être beaucoup plus budgétaire que monétaire pour être efficace. Des plans de plusieurs milliards ont d'ores et déjà été débloqués aux Etats-Unis et en Italie pour répondre à cette crise sanitaire inédite.Tous les regards sont désormais tournés vers la Banque centrale européenne (BCE), qui dévoilera ses intentions la semaine prochaine, et dispose a priori de moins de marges de manoeuvre.Pour la BCE, il "sera difficile de ne pas suivre la Fed, surtout étant donné l'évolution de l'euro récemment", la devise européenne ayant temporairement pris 1% vendredi face au dollar, juge Mme Barjou.Si baisse de taux il y a en Europe, le marché s'attend toutefois à ce qu'elle ne dépasse pas 10 points de base."Nous ne sommes pas dans un contexte à ce stade similaire à 2008 où nous avions réellement un problème fondamental dans notre économie", relativise également M. Juvyns, et "dans les trimestres à venir, la situation va immanquablement s'améliorer comme elle l'a déjà fait en Chine".