Astérix, star absolue de la BD, en quelques chiffres fous

Alors que sort ce jeudi le 40e album d’Astérix, retour sur un irréductible succès. La preuve par quelques chiffres qui semblent biberonnés à la potion magique.

Intitulé « L’Iris blanc », le dernier album du célèbre gaulois à la moustache jaune débarque ce jeudi en librairie. Soixante ans après sa naissance, Astérix s’est mué en star absolue de la bande dessinée européenne.

40 tomes

Imaginé par René Goscinny (scénariste) et Albert Uderzo (dessinateur), Astérix apparaît pour la première fois le 29 octobre 1959 dans les pages du Magazine Pilote. Le premier album paraît lui en 1961. Intitulé « Astérix le Gaulois », il sera suivi presque chaque année d’un nouvel album jusqu’en 1977. Année durant laquelle décède René Goscinny. Albert Uderzo, disparu en 2020, continuera l’œuvre jusqu’en 2005. Astérix passera ensuite dans d’autres mains. Depuis 2013, c’est le dessinateur Didier Conrad, qui a repris le crayon d’Uderzo. Cela fait une décennie qu’un nouvel album sort tous les deux ans, grosso modo deux mois avant Noël. 

Un succès d’édition

Très vite Astérix connaît le succès et dès 1966, le tirage dépasse le million. Aujourd’hui, et depuis quelques années déjà, chaque album est tiré à  5 millions d’exemplaires, dont 2 pour le marché francophone (1,75 million pour la France, 250.000 pour la Belgique et la Suisse). Pour le précédent album, « Astérix et le Griffon » paru en 2021, l’éditeur avait parié sur cinq millions et 17 langues. Résultat: 1,55 million de BD vendues rien qu’en France les deux premiers mois.

On estime que 393 millions d’exemplaires ont été vendus à travers les ans, dont 128 millions rien qu’en Allemagne. Tout nouvel album a aussi un effet boule de neige puisque cela relance la vente des précédents albums. On estime ainsi que 40.000 exemplaires d’« Astérix le Gaulois » se vendent encore chaque année en France.

Avec ce nouvel album porté par l’arrivée d’un scénariste à succès, Fabcaro, il n’est pas impossible qu’il franchisse le cap des 400 millions d’albums. Des chiffres mirobolants qui en font la BD la plus vendue au monde. Seule la saga « One Piece », du japonais Eiichiro Oda, fait mieux avec 500 millions d’exemplaires. Mais les puristes diront que c’est un manga.

Un succès international (si on exclut les USA)

Loin de se cantonner uniquement au monde francophone, Astérix s’exporte aussi. L’Iris Blanc sera disponible dans 20 langues. Les Allemands ou les Italiens l’adorent, les Espagnols le traduisent immédiatement dans plusieurs langues (le catalan, le basque, le galicien, et même le bable des Asturies), les Britanniques ou les Scandinaves le connaissent très bien.

Qu’importe si l’exercice de traduction est rendu compliqué par les nombreux jeux de mots et références parfois locales. Cela n’a pas empêché Astérix d’avoir été traduit en pas moins de 117 langues et dialectes au cours de son histoire, et même en latin.

Le succès d’Astérix est néanmoins surtout européen. Il n’est jamais parvenu à conquérir le marché américain, trop tourné vers les comics.

Une licence rachetée par Hachette

Les Editions Albert René, qui possèdent et gèrent l’ensemble des droits des aventures d’Astérix, sont devenus une filiale du groupe Hachette en 2011. Ce qui a permis au groupe d’édition de mettre la main sur la licence Astérix. Un véritable trésor de guerre.

Hachette perçoit d’un côté les bénéfices liés aux bandes dessinées. A titre d’exemple la vente de l’album Astérix et la Transitalique a rapporté un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros en 2017. Et de l’autre les redevances de marque lorsque les personnages sont utilisés sur d’autres supports. Par exemple pour des films, des séries, de jeux vidéo, ou encore pour le parc Astérix (voir encadré) et Playmobil. Contrairement à d’autres franchises, la relative bonne entente entre les ayants droit, qui ont un droit moral sur l’oeuvre, et les Editions Albert René a rendu beaucoup de choses possibles. Au point que la franchise s’est muée en véritable cash-machine du groupe Lagardère. Elle contribue à hauteur de plusieurs millions d’euros au résultat opérationnel du groupe, précise Les Echos. Son poids est tel que chaque sortie est communiquée en début d’année aux marchés financiers.

Le parc Astérix et les films

Sur une idée d’Uderzo, ce parc d’attractions situé dans l’Oise ouvre en 1989, trois ans avant Disneyland Paris. Avec ses 37 attractions il a attiré plus de 2, 6 millions de visiteurs en 2022.

Et puis il y a aussi les films. Les cinq épisodes de la franchise « Astérix » au cinéma se sont classés parmi les 25 films français les plus coûteux à produire : 42 millions pour « Astérix et Obélix contre César » (1999), 50 millions pour « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre » (2002), 75 millions d’euros pour « Astérix aux Jeux Olympiques » (2008), 61 millions d’euros « Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté » (2012), et 65 millions pour dernier sorti en début d’année « Astérix et Obélix : L’empire du Milieu ».

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