Si la productivité n’augmente pas, il faudra choisir entre les salaires et les retraites…

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Olivier Mouton
Olivier Mouton Chef news

Une étude de Natixis pose le débat dans des termes crus pour la zone euro. Ces prochaine années, nous serons confrontés à des choix cornéliens. Solutions: l’immigration et l’intelligence artificielle.

« Si les gains de productivité ne s’accroissent pas dans la zone euro, il va falloir choisir entre maintenir le pouvoir d’achat des retraités et maintenir le pouvoir d’achat des actifs. » Voilà le résumé, cru, d’une étude réalisée par Patrick Artus, conseiller économique chez Natixis et diffusée ce 3 août.

« La tendance récente des gains de productivité dans la zone euro est la stagnation, écrit-il. La tendance de variation de la population en âge de travailler est, sur la période 2023-2040, un recul de 0,5% par an. On voit donc que les gains de productivité ne compensent pas la décroissance de la population en âge de travailler. »

On peut prévoir une hausse de l’emploi, précise Patrick Artus, mais le niveau bas du chômage actuel limitera ce gain: la hausse sera plus lente que les années passées. On sait toute la difficulté, en Belgique, d’augmenter le taux d’emploi et de faire face aux pénuries. Le Conseil central de l’économie rappelait ce mois-ci que cela pourrait handicaper l’économie.

Un choix cornélien

Tous les éléments pris en compte, souligne l’économiste de Natixis, on devrait arriver à une croissance de la productivité de 0,3% par an.

Or: « Cette croissance devra être répartie entre les actifs (la population de 15 à 64 ans corrigée de la hausse du taux d’emploi) dont le nombre progresse de 0,3% par an avec l’absence de gains de productivité, et les retraités, dont le nombre augmentera de 1,6% par an. On voit qu’il faudra choisir, en raison de la faiblesse de la croissance potentielle, entre maintenir le pouvoir d’achat par tête des actifs et le pouvoir d’achat par tête des retraités. »

C’est dire le risque de tensions entre les générations.

Solutions: immigration et IA

« Pour sortir de ce dilemme, conclut Patrick Artus, on peut imaginer que la zone euro recoure à une immigration importante qui soutienne le nombre de salariés actifs et la croissance potentielle. »

Autre possibilité: « Que les progrès technologiques, par exemple le développement de l’intelligence artificielle, la digitalisation et la robotisation, permettent de faire croître à nouveau la productivité du travail. »

Les prochaines années seront marquées par ces défis majeurs.

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