Dans le téléphone de Bruno Colmant : « Le vrai défi aujourd’hui, c’est l’écologie » (vidéo)

Bruno Colmant, économiste et professeur d'universite dans trois universites. © belga
Olivier Mouton
Olivier Mouton Chef news

L’économiste se dévoile au fil de son smartphone : il évoque sa soif d’informations, sa contemplation de la nature, son amitié avec Paul Magnette ou son virage vers le libéralisme social et l’écologie.

Trends Tendances entame une série de portraits originaux : des personnalités économiques se dévoilent à travers le contenu de leur téléphone.

Comme de nombreux Belges, l’économiste Bruno Colmant est accro à son téléphone. « Je dois l’utiliser de trois à quatre heures par jour, si pas un peu plus », entame-t-il. Parcourir avec lui l’intérieur de son smartphone permet de comprendre un peu mieux cette personnalité prolifique. D’ailleurs, son interaction est un flux continu.

Des applications pour s’informer.  « C’est la première chose que j’utilise le matin quand je me lève. Je suis un passionné de finance et je regarde les nouvelles sur les sites d’informations : Bloomberg, Reuters… » C’est une plongée dans les informations relatives par rapport à la bourse, mais aussi des informations qui coulent « au fil de l’eau ». Il écoute aussi Radio France pour prolonger son survol de l’actualité. « Je considère que c’est du temps qui doit être optimalisé. »

Des posts Twitter et Linkedin. L’académicien publie chaque semaine un nombre vertigineux de textes et d’opinions sur l’évolution de l’économie ou sur les grands courants de l’histoire. C’est notamment le cas tous les lundis matin sur le site de Trends Tendances. « Quand j’ai des idées de posts sur Linkedin ou Twitter, j’utilise le mémorandum du téléphone pour les écrire. »

Des citations en mémoire. Bruno Colmant recense aussi des phrases qui l’inspirent ou qui nourrissent sa réflexion. « Comme cette citation de François Mitterrand qui m’avait fortement impressionné : ‘Comme le cognac, il faut faire passer deux fois les idées dans l’alambic’. Autrement dit, il faut distiller deux fois les idées avant de les exprimer pour être sûr que l’on a une juste perception des choses. » L’économiste est un amoureux de la grande littérature française, il conserve également des citations de François Mauriac ou André Malraux.

Des podcasts. « J’écoute aussi énormément de podcasts, prolonge le professeur de l’ULB et de l’UCLouvain. Essentiellement ceux de France Inter, parfois dans ma voiture, mais souvent en marchant et en me promenant le week-end. Là aussi, je note des phrases qui m’interpellent sur le mémorandum de l’iphone. Souvent, ces phrases servent de bases à d’autres publications que je vais commettre. »

Des messages de politiques. Bruno Colmant ne conserve pas tous les messages qu’il reçoit. Si c’est le cas, c’est qu’ils signifient quelque chose. « J’ai publié un livre récemment (Une brûlante inquiétude, éd. La Renaissance du livre). Paul Magnette, en passant devant une librairie à Charleroi, a eu la gentillesse de m’envoyer un message pour saluer le fait qu’il était dans le top 10 des ventes. J’ai une relation de sympathie avec Paul Magnette et cela m’a fait plaisir qu’il le mette en évidence. J’ai par ailleurs écrit ce livre avec Thomas Dermine, qui en a écrit la préface : c’est un livre qui a comme objectif de replacer l’écologie au cœur de l’économie. »

Des photos de nature. Parmi les photos conservées dans son téléphone, il y a des visages aimés et familiers. Mais aussi et surtout, la nature. « Je fais souvent des photos du ciel. Il se fait que j’habite dans un endroit d’où je vois le ciel de la forêt de Soignes. Il se fait que j’aime bien voir le soleil les lever. Je trouve beaucoup d’apaisement dans la nature et dans la contemplation. » Bruno Colmant le signale souvent : il lui faut peu de choses pour s’épanouir, certainement pas des possessions matérielles. De moins en moins.

Une caricature. Au milieu des photos se trouve une caricature savoureuse signée Nicolas Vadot, dessinateur du Vif et de L’Echo. « C’est une caricature assez amusante. Il me dessine quand j’étais président de la Bourse en 2008 et puis, aujourd’hui, en Karl Marx avec des lunettes un peu plus rondes et une barbe un peu plus longue, en signalant qu’à l’époque, je disais ‘le capitalisme, il n’y a que ça de vrai’ et, aujourd’hui, ‘à bas le néolibéralisme !’. Je reste dans un cadre tempéré. Ma génération a été fortement marquée par le néolibéralisme et l’école de Chicago : nous sommes sortis de l’université à l’époque où elle émergeait. J’ai 61 ans : toute une série d’économistes comme moi ont passé quarante ans dans ce néolibéralisme qui a commis des excès. On se rend compte que le libéralisme social, prôné par certains responsables politiques, avait plus de substance. Le véritable défi auquel nous faisons face aujourd’hui, c’est bien sûr celui de l’écologie qui ne s’accommode pas d’une extraction de la nature d’une telle intensité quez celle que l’on a pu connaître. »

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