Une décision inattendue de la BCE pourrait ralentir la hausse des taux d’épargne

Patrick Claerhout Patrick Claerhout is redacteur bij Trends.

La BCE ne paiera plus d’intérêts sur les réserves obligatoires des banques. Cela pourrait avoir un effet modérateur sur l’augmentation des taux d’épargne.

Les marchés financiers avaient intégré le fait que la BCE augmenterait les taux de dépôt de 25 points de base, pour les porter à 3,75 %. La décision de ramener à zéro le taux d’intérêt qu’elle verse aux banques sur leurs réserves obligatoires a donc surpris. Jusqu’à présent, ces réserves étaient rémunérées au taux de dépôt de 3,5 %. Ce taux sera désormais fixé à zéro.

Un manque à gagner de 6 milliards d’euros

Peter Vanden Houte, économiste en chef chez ING Belgique, explique de quoi il s’agit : « Les banques de la zone euro sont tenues de conserver 1 % de la somme de tous les dépôts sur leurs comptes à vue, d’épargne et à terme (jusqu’à deux ans) en tant que réserves obligatoires auprès de la BCE. Selon les derniers chiffres, cela représente 157 milliards d’euros. Si l’on part du principe que les banques recevront le taux d’intérêt majoré de 3,75 % sur ces dépôts, cette mesure signifie qu’elles perdront environ 6 milliards d’euros de revenus d’intérêts. »

Vanden Houte estime cependant que 6 milliards d’euros de manque à gagner pour l’ensemble des banques de la zone euro, ce n’est pas énorme. Mais il n’empêche que la décision pourrait avoir un impact. « Pour les banques, il ne s’agit que de quelques points de base de moins dans la rémunération des taux d’intérêt, mais ceux-ci s’ajoutent aux dizaines de points de base qu’elles doivent déjà payer dans le cadre de toutes sortes de prélèvements et de charges. »

Il se pourrait donc que la mesure ait un effet inhibiteur sur l’augmentation des taux d’épargne, confirme M. Vanden Houte : « En tout état de cause, en raison de l’impact négatif sur la commission de réinvestissement, ce n’est pas une mesure qui encouragera les banques à augmenter les taux d’épargne à un rythme accéléré. »

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Les observateurs soulignent que la décision de la BCE semble reposer sur son intention de réduire ses propres pertes en cherchant ainsi à réduire les montants payés aux banques après une hausse sans précédent de ses taux d’intérêt. La présidente Christine Lagarde a donné une réponse évasive à ce sujet lors de la conférence de presse. Elle a fait référence aux réserves excédentaires des banques, qui seront désormais rémunérées à 3,75 % et qui ont le plus d’impact sur les taux du marché monétaire.

« Cela donne certainement l’impression que la BCE veut poursuivre sa politique monétaire, mais à un coût moindre pour la banque centrale », a déclaré Vanden Houte. « Après tout, l’impact de la rémunération des réserves obligatoires sur les taux du marché monétaire est très limité. » L’économiste en chef d’ING Belgique souligne toutefois qu’un précédent a été créé : « Dans le passé, les réserves obligatoires des banques ont toujours été rémunérées. C’était d’ailleurs l’une des pierres angulaires du système de l’euro »

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