Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

19/02/14 à 10:50 - Mise à jour à 10:50

Veuillez justifier par écrit le C4 svp !

À partir du 1er avril prochain, les employés licenciés pourront demander à leur employeur de justifier par écrit leur décision, leur C4 donc !

A priori, c'est une bonne chose sur le papier, mais est-ce vraiment le cas en réalité ?

Pour les uns, oui, car cela forcera les employeurs à peser le pour et le contre avant de virer quelqu'un. Cela évitera des litiges devant les tribunaux, sans oublier que la personne licenciée acceptera avec plus de sérénité son licenciement. Voilà en gros ce qui a motivé les partenaires sociaux à modifier notre droit du travail en ce sens.

Mais il est quand même permis de douter, il y a quand même un côté un peu bisounours dans cette vision. D'abord, parce que sur le plan psychologique, chacun le sait, ce qui est écrit noir sur blanc peut parfois faire plus de mal que verbalement.
Ensuite, ce qui est écrit noir sur blanc pourrait être demandé par le nouvel employeur qui voudra, avant d'engager la personne, savoir pourquoi celle-ci a été licenciée par son ancien patron...
Et c'est là déjà que les choses se corsent, pour certains avocats, spécialisés en droit social, le nouvel employeur n'aura pas accès à la motivation de licenciement de l'ancien employeur car cela relève de sa vie privée. D'autres disent à nos confrères de l'Echo, pas du tout, c'est possible, et après tout, si quelqu'un a été licencié parce qu'il arrivait ivre ou systématiquement en retard à son travail, il faut que le nouvel employeur soit au courant !

Et puis, ce à quoi on ne pense pas assez, c'est que cette motivation écrite pour justifier le licenciement pourrait être utilisée par l'ONEM pour priver ce travailleur de ses indemnités de chômage... Ceux qui demandent une motivation écrite prennent le risque que cette motivation démontre qu'ils ont perdu leur job de par une faute grave, par exemple. Donc, ils risquent d'être exclus du chômage pendant une période variant de 4 à 26 semaines, selon L'Echo, autant dire, que ce serait un drame !

En résumé : oui, tout le monde a le droit de savoir pourquoi il a été licencié, mais est-ce toujours nécessaire de le formuler par écrit ? N'oubliez pas que le mieux est parfois l'ennemi du bien.

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