Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

02/02/12 à 10:29 - Mise à jour à 10:29

Vers une taxation encore plus grande des revenus mobiliers

La nouvelle taxation des placements à taux fixe du genre bons de caisse, comptes à terme et obligations suscite quelques interrogations.

Pas tellement sur le fait que le précompte mobilier qui frappe ces placements est passé de 15 à 21% - après tout, en période de crise, c'est normal, tout le monde doit participer à l'effort y compris les épargnants. Non, la question se pose autrement pour certains experts. Les plus pessimistes pensent que le gouvernement actuel a profité de la situation pour préparer une taxation encore plus grande des revenus mobiliers demain ou après demain.

De quelle manière direz-vous ? Eh bien, selon ces experts pessimistes, la future taxation se met en place via deux éléments. Le premier, c'est que pour éviter de payer la cotisation supplémentaire de 4%, cette cotisation je vous le rappelle frappe les personnes qui disposent de revenus mobiliers supérieurs à 20.020 euros. La seule manière d'y échapper, c'est UN de ne pas avoir des revenus mobiliers supérieurs à 20.020 euros, mais DEUX et c'est là que la critique arrive, il faut alors indiquer dans votre déclaration l'ensemble de vos revenus mobiliers. Selon les experts pessimistes, cette transparence forcée ouvre donc la voie au fisc qui désormais connaîtra l'ensemble de vos revenus mobiliers et qui demain, ou après demain, pourrait les reglobaliser avec vos autres revenus - et donc, non plus les taxer à 21% ou 25% mais au taux de l'impôt des personnes physiques.

Les experts pessimistes pensent que ce scénario est d'autant plus probable que désormais, en Belgique, il n'est techniquement plus possible d'avoir des titres au porteur. Autrement dit, l'anonymat n'existe plus pour les revenus mobiliers - et donc, sur la base de ces deux éléments, ces fiscalistes pessimistes imaginent le pire pour demain.

Heureusement, il y a une autre vision des choses, plus optimiste qui consiste à dire ceci : l'anonymat subsiste pour les épargnants belges qui le désirent. En effet, le gouvernement a prévu que si vous voulez rester anonyme, malgré le fait que vous disposez de plus de 20.020 euros en revenus mobiliers, pas de problème, simplement, vous devrez vous acquitter de cette cotisation de 4%. Autrement dit, l'anonymat subsiste mais c'est un anonymat payant. Ou pour le dire plus simplement encore, 4% c'est le prix à payer pour votre discrétion - merci de votre écoute et à demain

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