Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

07/10/13 à 10:15 - Mise à jour à 10:15

Véritable reprise pour la zone euro, ou reprise de façade?

Et si la reprise de la zone euro dont on parle tant n'était au final qu'une reprise en trompe l'oeil? C'est ce que semblent penser quelques experts, et notamment les habitués aux prédictions catastrophiques... Sur quoi se basent-ils pour être encore une fois pessimistes?

D'abord sur le fait que l'Italie, qui est quand même la 3ème économie de la zone euro, n'arrive pas à être gérée et qu'elle va de crise politique en crise politique. Pendant ce temps-là, les réformes économiques qui doivent être prises ne le sont pas.

Ces pessimistes se fondent aussi sur le fait que les experts du FMI et de la commission européenne ont arrêté leur mission en Grèce parce que le programme de privatisation ne se passait comme ils le voulaient. Ces mêmes pessimistes font aussi remarquer que dimanche dernier les Portugais ont montré leur mauvaise humeur dans le cadre d'élections municipales. Il est vrai que les portugais sont fatigués de se serrer la ceinture ! Et si vous ajoutez à tout cela que le taux de chômage, dans le sud de l'Europe, reste trop élevé, il n'en faut pas plus pour que ces experts disent et répètent que la zone euro va retomber en pleine crise !

Est-ce vrai ? L'économie n'étant pas une science exacte, il est toujours difficile de contredire de manière catégorique un argument... Mais tout de même, 2013 n'est pas 2011 et même si les choses sont loin d'être parfaites, une nouvelle crise de la zone euro semble peu probable ; et cela pour au moins 3 raisons !

La première raison, c'est que Angela Merkel a été réélue triomphalement. Autant auparavant, elle ne pouvait pas avoir un discours souple, de crainte de perdre des voix chez ses électeurs allemands, autant aujourd'hui, elle peut se montrer plus flexible et laisser certains pays prendre des mesures difficiles mais de manière plus étalée dans le temps.

La deuxième raison, c'est que la banque centrale a indiqué qu'elle était prête à faire des prêts à très faibles taux aux banques européennes qui en auraient besoin, c'est là aussi un ballon d'oxygène non négligeable et qui devrait éviter le pire.

Et puis, il y a les marchés financiers qui, au fil de temps, ont appris à ne plus regarder la zone euro comme un bloc monolithique mais à bien distinguer pays par pays. En clair, si l'Italie devait voir ses taux d'intérêt augmenter par manque de bonne gestion, les taux d'intérêt de l'Espagne ou du Portugal n'augmenteraient pas automatiquement comme c'était le cas par le passé.

Oui tout n'est donc pas parfait, mais 2013 n'est pas 2011, et il faut parfois éviter d'évoquer systématiquement le pire. Après tout, l'économie, c'est d'abord de la confiance. Mais bon, certains après n'avoir pas vu venir la crise, essaient aujourd'hui de se rattraper en annonçant régulièrement une fin du monde qui ne vient pas, et fort heureusement d'ailleurs !

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