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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

04/04/11 à 10:20 - Mise à jour à 10:20

Une révélation sur Dexia, une certitude sur les crédits

La semaine qui vient de s'écouler a donné lieu à une révélation et une certitude.

La semaine qui vient de s'écouler a donné lieu à une révélation et une certitude.

La révélation, il a fallu deux ans à l'agence d'informations Bloomberg News pour l'obtenir. Cette agence, qui abreuve d'informations financières la planète entière et en particulier les financiers, avait pourtant demandé une chose simple : elle voulait savoir qu'elles étaient les banques qui avaient pu bénéficier de l'aide de la banque centrale américaine en pleine crise en 2008.

Pendant deux ans, la Réserve fédérale a refusé de révéler les noms de ces banques, sous prétexte que livrer ces noms en pâture aux journalistes fragiliserait encore plus ces banques ! Deux ans plus tard, Bloomberg a eu gain de cause devant la justice américaine : depuis ce weekend, on sait donc que la banque qui a le plus bénéficié de l'aide américaine, juste après la faillite de Lehman Brothers, n'était pas américaine mais bien la filiale américaine de Dexia ! Dexia a ainsi demandé, en plusieurs phases, l'équivalent de 31,5 milliards de dollars (33,5 milliards selon l'AFP, 37 milliards selon le Standaard). Un montant qui a finalement été totalement remboursé à la mi-janvier 2010.

La certitude, ensuite. Les taux d'intérêt vont augmenter, petit à petit, mais ils vont augmenter. Pourquoi ? Parce que l'inflation en Europe a frôlé les 2,6 % au mois de mars. Or, la Banque centrale européenne a pour mission de ne pas laisser l'inflation dépasser 2 %. Les économistes s'attendent donc à ce que le président de la BCE augmente son taux d'intérêt à court terme pour justement lutter contre cette inflation.

Je vous rassure, cette hausse sera faible dans un premier temps, sans doute de l'ordre de 0,25 %. Mais elle se poursuivra sans doute de la sorte tous les trois mois. Pourquoi cette hausse progressive ? La hausse des taux d'intérêt à court terme aura un impact négatif sur des pays comme l'Irlande, l'Espagne et la Grèce, car ce sont des pays où les ménages ont souscrit des prêts hypothécaires à taux variables. Le but n'est donc pas de les étrangler mais de leur laisser le temps de changer de fusil d'épaule.

Quant aux ménages belges, cela signifie que les taux longs, ceux relatifs aux prêts hypothécaires, augmenteront également à la suite des taux courts. Autant le savoir si vous avez un projet immobilier en cours, en bloquant, par exemple, dès aujourd'hui votre taux auprès de votre banque.

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