Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

08/12/11 à 10:31 - Mise à jour à 10:31

Une désagrégation de la zone euro serait synonyme de chaos

Comme l'écrivait le journal Le Monde, "personne n'ose y croire, mais tous s'y préparent". S'y préparent, Mais à quoi ? Mais à l'éclatement de la zone euro. Auparavant, ce genre de réflexion faisait partie des scénarios d'économie-fiction qui faisaient sourire les économistes mais aujourd'hui, hélas, ces mêmes experts n'hésitent plus à modéliser ces scénarios.

Et bien entendu, des économistes qui se sont fait une spécialité d'annoncer la fin du monde, comme Jacques Attali par exemple, en remettent une couche en prédisant une chance sur deux pour que l'euro explose d'ici la Noël ! Prédire la fin du monde étant sans doute une manière de se forger une réputation de gourou à bon marché, mais passons !

Mais c'est vrai, le fait que Merkel et Sarkozy viennent d'annoncer qu'ils étaient pessimistes sur l'issue du sommet européen de ce 8 et 9 décembre, a donné du grain à moudre aux eurosceptiques et à ceux qui parient - de manière insensée - sur l'implosion de la zone euro.

Pourtant, une désagrégation de la zone euro serait synonyme de chaos. Ce serait même,"un désastre absolu" selon les calculs de la banque d'affaire suisse UBS.

Des calculs qui vont du plus sombre au moins noir. Avec des scénarios de faillites en chaîne, avec des scènes de panique d'épargnants courant au guichet de leur banque à l'image de ce qui s'est passé aux Etats-Unis pendant la crise de 1929, sans oublier que ces fuites d'épargnants seraient aussitôt suivies par la faillite des établissements concernés.

D'autres économistes ont calculé que l'Europe entrerait en récession - une récession de l'ordre de - 3% et cela pendant au moins trois ans, avec évidemment des répercussions sur les Etats-Unis et la Chine.

Bref, ce serait le chaos mondial. Car les modèles économiques ont beau tourner avec les hypothèses les plus farfelues, ils restent des modèles théoriques. Et la vérité, c'est qu'une implosion de l'euro serait... un saut dans l'inconnu. Et c'est pourquoi, sans être taxé de naïf ou de simplet, je vois mal la Chine accepter que son premier marché d'exportation tombe en faillite. Et je vois mal également les Etats-Unis laisser la crise de la dette européenne les contaminer par effet ricochet - et c'est la raison pour laquelle, il faut rester optimiste - pas par autohypnose - mais parce que tout autre scénario signifierait la fin du monde tel qu'on le connait - et ce scénario là, personne n'en veut - le dégoût absolu du chaos nous sauvera.

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