Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

15/02/10 à 12:11 - Mise à jour à 12:11

Une croissance moindre mais durable

L'année 2009 aura été fantastique sur le plan boursier. En effet, une fois le mois de mars passé, on a assisté à une hausse quasi continue de toutes les Bourses mondiales, et cela, pendant presque 10 mois. Depuis quelques semaines, c'est la déprime, en 2 ou 3 semaines, les Bourses ont perdu entre 7 et 10 % aux quatre coins de la planète, la Bourse de Madrid a même perdu 16 % à cause de la Grèce.

Il y a de quoi perdre son latin. Quand en 2009, la Bourse montait alors que l'économie allait mal, la réponse classique et choquante pour expliquer ce divorce était d'expliquer que la Bourse est un marché d'anticipation et donc que la Bourse ne faisait qu'anticiper de quelques mois la reprise économique. Mais alors comment expliquer que maintenant que toutes les économies sont sorties du rouge vif, les Bourses vont mal.
C'est bizarre, non ?

Non, si vous partez toujours du principe que les Bourses ne font qu'anticiper le futur, alors la réponse est la suivante : les Bourses vont mal parce que le petit rebond économique auquel on assiste depuis quelques mois risque de faire long feu ou en tout cas de ne pas répondre aux attentes. La Bourse aurait donc compris, (j'utilise bien le conditionnel car en Bourse la vérité d'aujourd'hui n'est plus celle de demain) que soit il y a un risque de rechute sur le plan économique, soit, le scénario le plus probable, la Bourse a compris que la croissance connue dans les années 2000 est à oublier...

En clair, en 2009, on a sauvé les économies mondiales à coup de plans de relance et de taux d'intérêt au plancher. Maintenant la facture arrive et la question est : qui va payer ? Secundo, en l'absence de consommation, la Bourse a compris que notre croissance a été dopée dans les années 2000 grâce au crédit, c'était donc une croissance à crédit, mais aujourd'hui, les Européens et les Américains consomment moins et épargnent. Nous allons certainement perdre comme pour rire 1 % de croissance en moyenne pendant quelques années. Jean-Luc Dehaene lui-même, le président du conseil d'administration de la banque Dexia vient de le reconnaitre : "Si Dexia se recentre sur son métier d'origine, c'est simple, la banque va encore croître mais plus comme avant, et plus avec une croissance à 2 chiffres".

Mais au fond est-ce si grave, docteur ? A en croire l'économiste belge Geert Noels, pas du tout ! Tout le monde va redécouvrir qu'il vaut mieux une croissance moindre, sans doute, mais durable. Prenez une firme comme Colruyt, elle n'a pas une croissance très forte en Bourse, ce n'est pas une firme glamour pour les boursiers, et pourtant, c'est une boîte très bien gérée, solide sur le plan financier et avec une croissance durable. Ce sera un peu le modèle de demain. Autant le savoir.

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